La stratégie Ender, éthique de la guerre moderne?


Dans un futur proche, une race de fourmi extraterrestre a tenté une invasion de la Terre avorté par les forces coalisées humaines malgré une perte de plus de dix millions de civils. Elles ne sont jamais revenues. Une bande de gamins sont formés aux armes dans une station orbitale commandé par Harrisson « Graff » Ford.

 La Stratégie Ender souffre de plusieurs scories. D’abord le jeu des acteurs surfait, pas forcément convaincu par leur rôle, et à qui on ne donnera pas l’occasion de lui donner de la profondeur. Harrisson Ford lui-même se contente du minimum pour son rôle de vétéran. Toutefois, le jeune Asa « Ender » Butterfield ; après avoir incarné Hugo Cabret, il y a maintenant deux ans ; relève le niveau global. C’est bien le seul à paraître convaincu. Malheureusement, cette mauvaise direction des comédiens mènent à la désactivation de d’idée du film. Le sergent qui dirige la chambrée du héros ne demeure ainsi qu’une pâle imitation du sergent instructeur de Full Metal Jacket. Son autorité touche au risible, et l’on n’a pas l’impression que ce soit la but originellement recherché par Gavin Hood, le réalisateur. Ratée également l’occasion de faire hommage à Starship Troopers tant le côté réactionnaire et propagandiste est trop pris au sérieux pendant les trois premiers quarts du film.

Ensuite, la station orbitale constituent presque exclusivement le seul lieu de l’action. Et elle n’est pas d’une originalité folle. Bienvenue à Space Poudlard. Les enfants vont passer une bonne partie du métrage à jouer à la guerre dans une salle immense meublée uniquement de contreforts trapézoïdaux. Dans le même sens, les scènes de batailles sont toujours des simulations, et le film nous dis, que les enfants sont plus à même de mener une guerre grâce à leur aptitude vidéoludique… Faisons fie des Conventions de Genève !

 Malgré tout, les toutes dernières minutes donnent un peu plus de substance à cette teenmovie spatiale rappelant – pour peu que la guerre soit inhérente au fonctionnement de notre espèce – la déshumanisation de nos guerres modernes, des victimes collatérales. Revirement soudain vers un message plus humaniste rejetant les guerres préventives et la stratégie des drones. On comprend alors le sens de la citation d’ouverture : « Au moment où je comprends véritablement mon ennemi, où je le comprends assez pour le vaincre, alors, à ce moment même, je l’aime également. »

 La Stratégie Ender est inspiré d’un roman d’Orson Scott Card, écrivain mormon, récompensé par un prix Nébula en 1985 et un prix Hugo en 1986.

Rémy Boeringer

Pour voir la bande-annonce :

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