Hunger Games – L’embrasement, société du spectacle


Alors qu’Hunger Games décevait en voulant créer un placebo du très réussi grand frère japonais Battle Royale, le second épisode, réalisé par Francis Lawrence, intitulé l’embrasement tient les promesses du cliffhanger du premier. C’est que l’on aurait tort de considérer la franchise uniquement par son seul aspect blockbuster pour adolescent. Au contraire, il cultive un vrai sens du discours social et politique qui commence à véritablement prendre sa place dans l’intrigue.

Il y a 75 ans, le treizième district de la nation de Panem – construite sur les ruines pots-apocalyptiques de l’Amérique du Nord – se rebeller contre l’exploitation outrancière exercé par le Capitole, capitale bourgeoise et huppée. En réponse, il fut rayer de la carte du monde. Et depuis, chaque année, les douze districts survivants sont soumis à un jeux cruel : les Hunger Games. Chaque district doit deux tribus à la nation qui sont envoyés dans une arène où ils se battent à mort. La première fois que l’on voit Hunger Games, la présentation des jeux semble très kitsch. Il s’agit en fait d’un concept génial dont on se demande s’il n’est pas inspiré de Starmania, la comédie musicale. Le présentateur surfait, et ignominieux, rappelle par bien des aspects Zéro Janvier, le dictateur. La présentation des jeux, diffusé à la télé dans tout Panem offre du pain et des jeux à la façon moderne de la télé-réalité actuelle. Les Hunger Games, au fond, ne sont qu’une dégénérescence d’une culture poubelle qui porte en elle les prémices de tels déviances. Le film nous mets insidieusement face à nos désirs voyeuristes et à leurs exploitations télévisuelle. La foule des riches habitants du Capitole semble loin de tout sentiments réels et semble plutôt réagir à de manière téléguidé à des ersatz affectif. Elle agit comme un seule entité qui dévore le peu d’humanité que le jeux peut laisser à ses participants.

Après avoir gagné l’année précédente, les deux héros Katniss Everdeen (Jennifer Lawrence) et Peeta Mellark (Josh Hutcherson) entament un tour du pays pour saluer les ouvriers, fermiers et autres corps de métiers qui peuplent les districts organisés en catégorie professionnelle. Ils décident de prendre à revers l’organisation millimétrée voulue par le président Snow (Donald Sutherland) et décide de répondre au signe de ralliement des insurgés qui commencent à apparaître parmi ces populations opprimées. Chaque rassemblement étant organisé avec la minutie d’un défilé militaire nord-coréen, la répression est immédiate. Snow réplique en mettant en route les 3ème jeux de l’expiation, où participent, tous les vingt-cinq ans, les survivants des précédents jeux. La situation va échapper au gouvernement, car à l’exception de quelques individualistes forcenés, les candidats vont cette année faire peu ou prou cause commune.

S’il n’est pas encore là, ce sont bien les prémices de l’embrasement de cette société rétrograde basé sur nos travers actuels les plus inquiétants. On attend avec impatience le troisième métrage qui pourrait être le plus intéressant au regard de l’accroche finale. La révolte est en marche !

Rémy Boeringer

Voir la bande-annonce :

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