Moi, Frankenstein, seul au monde…


I, Frankenstein, réalisé par Stuart Beattie, et produit par Lakeshore Entertainment, est sorti en salle le 29 janvier 2014. Un duo maléfique que nous allons affronter sans le savoir : les producteurs de l’intégralité de la franchise Underworld et le scénariste de G.I. Joe: Le Réveil du Cobra. De quoi créer un monstre bien vivant.

 Quid du scénario ? Il reprend trait pour trait celui d’Underworld justement. Adam Frankenstein, la créature du savant fou Victor Frankenstein, se retrouve malgré elle au cœur d’une guerre millénaire entre les gargouilles et les démons. Michael Corvin, héros d’Underworld est donc remplacé par Adam. Les vampires par les gargouilles, et les lycans par les démons. Voilà. Et malheureusement, il n’y a rien à ajouter. On aurait bien voulu vous en dire plus, mais il n’y a pas matière, le scénario ayant été écrit à la truelle. La paresse du scénariste-réalisateur ne le pousse même pas à tenter d’insuffler un semblant de profondeur à son œuvre. Il ne crée qu’une façade.

Bien sur, le script insiste sur le fait que c’est une guerre secrète qui se trame. C’est bien le cas. Tellement, qu’à l’exception notable d’un policier mourant dans une ruelle sombre, il n’y a aucun figurant représentant la race humaine. Malgré des vues en plongée, mettant en abîme l’immensité de la ville, c’est-à-dire du champ de bataille. Des dizaines d’immeubles sont détruits, des batailles épiques sont menées dans les rues, dans une explosion pyrotechnique de synthèse. Et personne pour s’en émouvoir, et pointer le bout de son nez. C’est dommage du point de vue de la cohérence. Et c’est dommage du point de vue dramatique. Il n’y a plus d’enjeux si le spectateur n’est pas mis face au danger imminent et qu’il n’y a quasiment aucune victime collatérale. On sauve l’humanité alors qu’elle semble inexistante. Rajoutons à tout cela que les acteurs eux-mêmes n’ont pas l’air convaincu. Aaron Eckhart, qui n’est pas en reste, a un faux air de Christophe Lambert. Mais si Christophe ne savait pas jouer, il jouait dans des bons films, lui.

 En 3D (qui n’apporte absolument rien) ou pas, ne vous déplacez pas pour ça. Et priez (qui vous voudrez) avec moi pour qu’il ne vienne pas à l’idée de la production de lancer une suite. Même en Direct-to-DVD, ce serait une insulte à la communauté cinéphile. Rendez-nous Boris Karloff !

Boeringer Rémy

Retrouver la bande-annonce :

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