Prêt à tout, une surprise inattendue


Nicolas Cuche, réalisateur habitué au petit écran, livre son dernier film : Prêt à tout. Cette comédie sentimentale,avec l’humoriste Max Boublil en star principale, est une petite échappée dans le monde de la comédie franchouillarde, moins lourde qu’à l’habitude. Une bonne surprise.

 Le scénario n’échappe pas à cette facilité que nous appellerons les 3R (Rencontre, Rupture, Réconciliation). C’est cet usage cinématographique qui prévaut dans 90 % des productions dites romantiques. Un usage usé jusqu’à la corde, qui crée systématiquement en nous, cette impression de déjà-vu. Et nous ennuie profondément. Max, est un looser, sur les bancs de la fac. Alice (Aïssa Maïga) a tout pour réussir. Elle est douée et militante. Max est un mythomane. Pour la conquérir, il tente de lui faire croire qu’il est aussi militant, et confond lamentablement Gabon et Togo. Il prend le râteau de sa vie. Alice, jeune maman, n’a que faire de cet adulescent. Avec deux amis, Max monte un site de rencontre intitulé « Meet The Mother », inspirée par Alice, qui cible les mères célibataires. Contre toute attente, le site est un succès phénoménal, et les trois compères empochent plusieurs millions en le revendant. Ils partent sur une île paradisiaque pour profiter de leur rente. Max doit alors rentrer en France, voir son père hospitalisé.

 Après une dispute avec ce dernier, le voilà, avachi devant la télé, dans un hôtel luxueux. À l’écran apparaît Alice, toujours aussi engagée, qui se bat, en tant que déléguée syndicale, pour la survie de son usine. Usine où elle travaille après avoir abandonné ses études pour subvenir aux besoins de son fils. Max décide, sur un coup de tête, de racheter l’usine, et de se faire passer pour un ouvrier. Il côtoie alors à nouveau Alice. Au fur et à mesure qu’il arrange la situation de l’usine, il se rapproche aussi d’elle. Mais c’est encore en mentant. Et comme d’habitude, les masques tombent et Alice se fâche. Et comme d’habitude, ils se séparent pour mieux se retrouver.

 Contrairement à ce qu’on aurait pu penser, Max Boublil assure le rôle avec fraîcheur et réussi à être drolatique sans être pesant. La distribution est complétée par Patrick Timsit, très bon en mauvais gestionnaire, qui ne se cache pas d’exploiter ses employés. Et par Chantal Lauby, convaincante en mère au foyer ménopausée retrouvant une seconde jeunesse. Prêt à tout, malgré son scénario convenu, est une comédie de bon aloi, portée par des acteurs surprenants. C’est aussi une légère critique sociale, qui ne fait pas l’impasse, sur l’idée de donner quelques taquets au directeur financier et aux contremaîtres d’usine. Et si la colère ouvrière est aussi moquée, telles les séquestrations de patrons, c’est plutôt pour montrer l’absurdité des situations qui mène à ses extrémités. L’issue du conflit est d’ailleurs en faveur des ouvriers.

 On ne peut que donner un avis favorable pour vous déplacer si vous souhaitez rire de bon cœur une heure trente durant.

 Rémy Boeringer

 Pour voir la bande-annonce :

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