Jack et la mécanique du cœur, la force du rêve


Mis en boite par Stéphane Berla et Mathias Malzieu, le chanteur de Dionysos, Jack et la mécanique du cœur est son premier court métrage. Sorti le 5 février 2014, le film d’animation aux tendances de comédie musicale est mené d’un bout à l’autre avec maestria. Il est issu du livre quasi-éponyme sorti en 2007 sous la plume du chanteur.

Jack (Mathias Malzieu) est né au cœur de l’hiver le plus froid qu’est connu Édimbourg, capitale écossaise. Il naît dans un état catatonique, le cœur glacé. Heureusement pour lui, sa mère a eu la bonne idée d’accoucher chez la sage-femme qui habite en haut de la colline. Une femme charmante, empli de compassion, mais que pourtant, en ville, on prend pour une sorcière. C’est le cas de beaucoup de gens qui ont trop de cœur, une humanité trop bienveillante. Elle va réparer le cœur de Jack, à l’aide des rouages d’un coucou, et s’en occuper toute son enfance, à l’abri des dangers du vaste monde. Lorsqu’enfin, elle l’autorisera à sortir, elle lui fera trois recommandations : « ne joue pas avec tes aiguilles, contrôle ta colère, et ne tombe pas amoureux ». C’est que les petits cœurs tout neuf et tout fragile, il ne faut pas jouer avec. Ce qui n’empêchera pas Jack de rencontrer Miss Acacia (Olivia Ruiz) et d’en tomber éperdument amoureux. Pour elle, il va parcourir l’Europe.

 Le groupe Dionysos compose la musique qui va rythmer cette fable métaphorique, et si j’ose dire, un brin philosophique, sur les mécaniques des sentiments. Jack n’ai pas incapable d’aimer, il se l’interdit. N’est-ce pas un mal contemporain ? La première rencontre coule de source, c’est le premier amour. Mais ensuite, la vie l’ayant cassé, l’ayant brisé, il n’ose plus faire le premier pas. Incarnée par le personnage de Joe (Grand Corps Malade), un élève qui le prend comme bouc-émissaire, c’est la société entière en tant que briseuse de rêve qui fait son apparition. Et c’est seulement sa rencontre fortuite avec Georges Méliès (Jean Rochefort) qui lui donnera la force de grandir, tout en conservant son âme d’enfant. Méliès n’était-il pas de ceux qui avait conservé la capacité, vitale, de savoir s’émerveiller ? Après bien des péripéties, il offrira la clé de son cœur à sa bien-aimée. Et dans un final émouvant, il ira au bout de son rêve. Il s’en ira, par amour, à la suite de Méliès, rejoindre la lune et les étoiles.

 Si, comme nous, vous avez conservé votre âme d’enfant, et avez su grandir, sans faire mourir vos songes, alors, vous serez séduit par la symbolique de Jack et la mécanique du cœur.

Rémy Boeringer

Pour voir la bande-annonce :

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