La Belle et la Bête, une version de trop?


Christophe Gans réalise son quatrième long-métrage : La Belle et la Bête, inspirée par l’adaptation moderne du conte-type éponyme par Gabrielle-Suzanne de Villeneuve, publié en 1740. Une énième version cinématographique de cette fable popularisée par Jean Cocteau puis Walt Disney. Une nouvelle transposition s‘imposait-elle vraiment ?

Pour ceux qui n’auraient pas eu la joie qu’on leur lise des contes dans leur enfance, ou bien que l’on a jamais posé devant un dessin animé Disney, voilà l’histoire : Belle, fille cadette d’un riche marchand, a toutes les vertus, tandis que ses sœurs sont des pestes capricieuses. Notons, qu’Audrey Lamy excelle d’ailleurs dans ce rôle, aussi insupportable qu’à l’accoutumée. Symbole même de l’abnégation, Belle (Léa Seydoux) se sacrifie, à la place de son père (André Dussollier), que la Bête condamne pour avoir cueilli une rose de son jardin sans sa permission. Peu à peu, Belle tombera amoureuse de la bête qui la répugne au premier abord. Le thème évident du conte est de passer outre l’attrait physique d’une personne pour trouver, au creux de son âme, sa beauté intérieure.

Gans s’applique à justifier son adaptation, par plusieurs approches, se voulant en phase avec des thématiques plus modernes. Notamment, le conte original décrit une Bête, punit par une fée, pour ses mauvaises actions antérieures. Le réalisateur, et scénariste du film de 2014, remplace la fée par un Dieu de la Forêt. Pour appuyer un propos écologiste de bon ton. En effet, Gans convoque une punition divine : la Bête aurait été puni pour avoir abattu la nymphe de la Forêt. Nymphe, qui fut sa femme, mais dont il ignorait alors, les traits de biche dorée qu’elle prenait parfois. Il pousse cet effet jusqu’à faire protéger le château par des Golems de pierre, aussi incongrus que les objets-serviteurs de la version de Disney.

En parallèle, Gans décrit la faillite des riches marchands comme une tragédie familiale. Famille, dont la lignée pure et courageuse, permet qu’ils supportent cette déchéance avec fierté. Une vision idyllique, tandis que la populace se pressant, pour voir les huissiers emporter les biens du marchand, est montrée comme vil et jalouse. Le metteur en scène a déclaré « L’amour et l’imagination. Des valeurs qui ne coûtent rien et qui ne sont pas imposables ! ». Si l’on rajoute à cette déclaration que, Belle, qui raconte également l’histoire en voix-off, insiste sur la perte terrible des trois bateaux de son père, sans évoquer un seul instant le sort des pauvres marins disparus en mer, alors on peut se demander, quel message veut faire passer le cinéaste ?

Au-delà des idées, la mise en scène reste très formelle. C’est ambitieux mais tout cela reste très académique. Les décors évoquant un monde ancien où la nature a repris ses droits sont plaisants, mais ne suffisent pas à procurer une réelle émotion. Idéalement sorti pour la Saint-Valentin, celle-ci étant passée, La Belle et la Bête, n’est pas une incontournable, ni pour les amateurs de romance, ni pour les amateurs de fantastique.

Boeringer Rémy

Retrouver ici la bande annonce :

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