[Avant-Première] Non-stop, lent et criblé d’incohérences


Jaume Collet-Serra retrouve à nouveau Liam Neeson, après Sans identité, leur précédente collaboration. Il semble déserter de manière définitive, la scène du cinéma de genre, pour se plonger dans le thriller codifié à l’hollywoodienne. Son premier film La maison des horreurs avait reçu un accueil critique mitigé, tandis qu’Esther, son deuxième long métrage de nature horrifique avait su convaincre avec un dénouement inattendu et une ambiance dans la veine du renouveau fantastique espagnol des années quatre-vingt-dix. Qu’en est-il de Non-Stop qui sortira dans les salles françaises le 26 février 2014 ?

Bill Marks (Liam Neeson) est un marshal de l’air américain, chargé de sécuriser les vols aériens en partance, ou en direction, des États-Unis. Alors que l’avion survole l’Atlantique, il commence à recevoir des sms sur sa ligne sécurisée. Un inconnu menace de tuer un passager toutes les vingts minutes si on ne lui verse pas cent cinquante millions de dollars.

 Non-stop, ça évoque un rythme débridé, n’est-ce pas ? Et bien, détrompez-vous, le scénario s’étire en longueur, on lorgne davantage dans le suspense que dans l’action. Ça ne serait pas bien grave si l’on restait au stade de la publicité mensongère. On pourrait être agréablement surpris par quelques audaces. Malheureusement ici, point d’audace, ni au niveau de la réalisation, ni au niveau de l’écriture. Bill Marks va donc passer son temps, entre quelques séquences de meurtre par empoisonnement où il reste impuissant, à discuter avec sa voisine de gauche (Julianne Moore) et l’hotesse de l’air (Michelle Dockery). Alors que la tension devrait être insoutenable, on ne le sent pas vraiment stressé. Le pire dans cette affaire repose sur le fait que tous les ressorts dramatiques sont anesthésiés par les invraisemblables méthodes qu’il emploie. Trois questions principales se posent à nous. Premièrement, avez-vous déjà réparé un téléphone ayant pris l’eau juste en le tapotant ? Deuxièmement, a-t-il échappé aux scénaristes que les textos pouvaient être effacés individuellement des téléphones portables ? Non, parce que je veux bien que le spectateur soit prêt à accepter certaines incohérences dans un scénario, mais là, c’est la base du scénario qui est aberrante ! Bill passe son temps à vérifier les portables des gens pour voir si leur smartphone est celui qui lui envoie les menaces ! Et enfin, même dans cette optique, il ne vérifie que les téléphones, alors que de nos jours, on peut aussi envoyer des sms depuis le net…

 Si l’on rajoute à tout cela, la conclusion éculée et sans surprise, critique sans profondeur, de l’inefficacité supposée des services de sécurité et de renseignement. On est mal à l’aise face au message subliminal caché derrière une telle conclusion. La morale serait-elle la nécessité de renforcer, encore, le tout sécuritaire ? Pas si sûr compte tenu de l’identité des terroristes, dont le discours est ambigu. Encore le flou artistique qui semble être le seul fil rouge du film…

Rémy Boeringer

Pour voir la bande-annonce :

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