[Avant-Première] La crème de la crème, apologie nauséabonde du proxénétisme


La fine fleur de l’élite étudiante niçoise se pressait hier soir à l’avant-première de La crème de la crème de Kim Chapiron, qui sortira le 2 avril 2014. Une salle caricaturale pour un film qui sonne comme un affront à tous ceux qui, issus des classes populaires, n’ont pas eu la chance de poursuivre des études, ou bien, l’on fait avec difficulté. La salle acquise, qui suivra l’équipe du film en boite après la projection, est composée en majeure partie de membres de BDE, ces associations étudiantes pour gosse de riches, pâles imitations des confréries américaines. Malaise.

Trois élèves, dont seule la femme a été admise sur dossier, d’une prestigieuse école de commerce, décident de monter un réseau de prostitution. Voilà le synopsis. Et il n’y aura pas grand-chose à rajouter. Rien de ce que vous allez voir ne servira à approfondir la psyché de nos protagonistes, si ce n’est à travers des clichés incroyables…

Kim Chapiron dit aimer mettre en scène des marginaux. Trois élèves d’HEC ? On a connu mieux comme marginaux. D’autant plus qu’ils sont tout à fait dans le système. Tout se vend, tout s’achète, le client est roi, c’est bien le credo du film. C’est là où le bât blesse principalement. On aurait espéré une dénonciation de ces inepties transformées en valeurs morales dans certaines de nos écoles les plus renommées. Et bien, le but affiché du film est tout à fait contraire, il tend à rendre sympathique, des agissements odieux. À aucun moment, on acquiert la sensation d’une condamnation des agissements des trois élèves. Cependant, insidieusement, la mise en scène s’arrange pour faire porter la responsabilité du drame sur les classes laborieuses. Tandis que les deux garçons, issu de la bourgeoisie, sont montrés comme brillant, la jeune fille qui vient de la cité est bien celle que l’on identifie comme apportant le vice dans l’affaire.

 C’est donc, Kellyah (Alice Isaaz), qui s’appelle en fait Kelly, qui amorce le processus qui mènera à monter un véritable réseau de prostitution. C’est aussi d’elle que surgisse toutes les idées pratiques comme celle de louer un hôtel. C’est bien connue, les pauvres ont le vice dans le sang. À côté d’elle, les deux fils à papa semble être des anges. Notons qu’elle s’appelle Kelly, car ça fait bien beauf. Son collègue, s’apercevant qu’elle utilise un pseudonyme ne manquera pas de lui faire remarquer…

Les trois compères ne vont pas recruter au sein de l’école. Les filles de l’école sont respectables. Ils recruteront la manutentionnaire du supermarché, la distribueuse de dépliant pour une enseigne de fast-food ou bien une vendeuse en parfumerie. Bref, que des pauvres filles au smic. Et forcément, comme elles vivent dans une misère relative, elle accepte de se vendre pour quarante euros. Toutes ! Sans exceptions ! Elles n’hésitent pas longtemps. Le trio infernale ne reçoit aucun refus. En somme, Chapiron nous explique que nos femmes sont toutes des putes ! Je l’invite à tester l’expérience en vraie pour se prendre quelques soufflets !

Et puis, il faut dire aussi que, c’est bien connu, si tu n’as pas d’argent, tu n’as pas de copines, donc les pauvres vont tous aux putes… Dans quel monde, vivez-vous, Kim?

 Kelly affirme au début du film à ses deux collègues qu’elle est lesbienne. Ce qui est confirmé lorsqu’une scène, dans sa chambre, chez ses parents, montre des mangas shōjo-ai, c’est-à-dire des mangas érotiques lesbiens. Cependant, la mère de Louis (Jean-Baptiste Lafarge), celui qui gère le bureau des étudiants, lui assure qu’il ne devrait pas se faire une religion. En somme, être lesbienne, ce n’est pas dans la nature. Et effectivement, la fin du film prouve qu’il a réussi a la soigner de sa maladie. Consternant.

Lorsque les trois amis sont démasqués par l’administration, ils essaient de faire peur au directeur de l’école en le menaçant de révéler l’histoire aux journaux nationaux. Devant son refus, ils arguent que leur fichier de compte prouve qu’ils sont les meilleurs élèves de l’école. Tentatives dont on ne saura pas si elles réussissent à convaincre l’administration. Par une pirouette, le film ne donne pas de réponses. Confirmant par là, le sentiment terrible que le proxénétisme n’est pas ci grave que ça… C’est tellement pris à la légère. Les trois étudiants sont cyniques, et considèrent que tout peut s’acheter, mais le parti pris scénaristique est d’épouser leurs vues.

 Comme pour confirmer ce ressenti nauséeux, un des spectateurs pose une affirmation incroyable lors du débat : « Vous vendez du rêve ! Moi, demain, je ne vais pas pécho à la fac. ». Et Mouloud Achour, qui joue un DJ, son propre rôle, de lui répondre : « C’est fait pour ça le cinéma, vendre du rêve ! ». Le monde rêvé d’Achour et de Chapiron est donc un monde de proxénètes, où l’essence de la vie, c’est se mettre la mine en boite, et où le mépris de classe est tellement évident qu’il fait défaillir les plus endurcis. Bonne soirée dans votre entre-soi, Messieurs. Pour ma part, je vais rentrer. Ne m’en voulez pas, je ne suis pas à l’aise lorsqu’on insulte ma femme, et celles de mes amis, dans un manifeste réactionnaire d’une heure trente…

Boeringer Rémy

Pour voir la bande-annonce :

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27 commentaires

  1. Bonjour,

    Je trouve votre article intéressant et bien argumenté (sur plusieurs thèmes qui plus est!). Je n’ai certes pas vu le film mais rien que la bande annonce me laissait présager le pire (peut-être que j’irai pour confirmer ou non mon point de vue, nous verrons..).
    Cependant, si je puis pinailler un peu, j’aurais une petite remarque à faire.
    « En somme, Chapiron nous explique que NOS femmes sont toutes des putes ! »
    « Ne m’en voulez pas, je ne suis pas à l’aise lorsqu’on insulte MA femme, et celles de MES AMIS » (je mets en majuscule pour souligner ce qui me taraude, n’y voyez aucune agression ^_^)
    Quand je l’ai lu la première phrase, je me suis dit « soit, ça peut être une figure de style » sauf que quand vous parlez de l’aspect du film qui encourage le proxénétisme et qui peut être mauvais, vous définissez presque à chaque fois (à chaque fois?) les femmes comme étant les partenaires de quelqu’un. Or, pour ma part, ce que je trouve « mauvais » c’est qu’on encourage ça pour les femmes en général, en tant qu’être humain tout court. C’est « pas bien » pour les Femmes, pourquoi les définir par rapport à leur partenaire? Ça n’a que peu de pertinence à mes yeux, non? Vous voyez ce que je veux dire?

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    1. Oui, je comprend tout à fait. A vrai dire, je ne défini pas les femmes par rapport à leur partenaire. J’ai été pris au tripe parce qu’effectivement, je me suis dis que ces types-là pourraient aborder ma compagne pour lui proposer une passe… Ce qui explique mon emportement dans « Ne m’en voulez pas, je ne suis pas à l’aise lorsqu’on insulte ma femme, et celles de mes amis ». Cependant, lorsque je soulignais « En somme, Chapiron nous explique que nos femmes sont toutes des putes ! », je voulais souligner la deuxième lecture que je fais du film. Celle-ci étant qu’il ne s’attaque pas qu’aux femmes en général, mais spécialement aux femmes pauvres. Et je voulais appuyer sur la lutte des classes sous-jacentes… Je m’identifie, ainsi, que mon lectorat par extension, à ce prolétariat qu’ils méprisent ouvertement. N’oublions pas que les femmes sont les premières victimes de l’exploitation! Voyez-vous ce que je veux dire?

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      1. Je vois ce que vous voulez dire mais effectivement la répétition de l’expression prête à confusion et peut être préjudiciable. Votre intention n’était clairement pas mauvaise mais je trouve encore l’expression maladroite. Même si vous exprimiez « les femmes pauvres », vous les définissez toujours par rapport à vous et leur partenaire respectifs. De plus, de là arrive un paradoxe. Vous voulez (à raison) souligner que c’est la classe populaire qu’on insulte et créer un sentiment d’adhésion autour de cela mais vous excluez de fait les femmes (même si c’est involontaire). Je suis une femme et quand vous dites « on insulte nos femmes », je ne me retrouve pas dans cette expression, puisque je suis la femme de personne (je m’identifie pas à « nos »). Un « on nous insulte, nous, les pauvres et d’autant plus les femmes pauvres » aurait été plus neutre. Je m’exprime mal. Mais bref, c’était juste une remarque comme ça, en passant.

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      2. Oui, je comprend. Je suis heureux que vous ayez saisi le fond de ma pensée. Je le redis, j’entendais par « nos », de la même classe sociale. C’est mon coté militant qui me fait me reconnaître dans un groupe large défini par « nous ». Même féministes convaincus, nous devons nous battre contre certaines représentations. Certaines façons de s’exprimer peuvent s’avérer maladroite. 🙂

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    1. Ça, ce n’est pas faux. La preuve, ils ont supprimé les liens vers l’article sur la page du film :). Mois, personnellement, je ne censure aucun commentaire, et même si parfois, ils sont négatifs, j’aime bien en recevoir. Si je ne suis pas d’accord, j’argumente, c’est plus constructif.

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  2. Je comprends votre point de vue, le fait de stigmatiser les classes sociales, l’idée que chaque personne en précarité accepterait de se prostituer est rabaissante.

    Mais travaillant moi-même dans le monde du sexe, force est de constater que c’est la précarité qui nous a menées là.

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    1. Je sais bien que c’est la précarité qui mène là. Et que c’est un fantasme de bourgeois de penser que la prostitution est un fantasme féminin répandue. Il y avait le même fond dans « Jeune et Jolie » d’Ozon. C’est bien pour ça que ce film est doublement insultant. Parcequ’il stigmatise les femmes en situations précaires, sur le double critère que ce sont des femmes et qu’elles soient pauvres. Je n’ai pas parlé dans mon papier de cette scène où l’un des protagoniste explique que la seule chose que peut vendre une femme, c’est sa beauté. Que se soit en se prostituant, ou en se mariant… Je vous remercie de votre témoignage. Courage!

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  3. Ce film me donne envie de vomir et votre article a empêché la nausée. Oui, il y’a des hommes qui n’adhérent pas à ce genre d’images préconçues de la femme et ça fait du bien. Je n’ai pas été offusqué de vos formules  » nos femmes » ou « ma femme » car elles m’ont permises d’identifier la plume qui se cachait derrière l’article : un homme, un homme qui s’est assis à son bureau et qui a pris le temps de dénoncer ces saloperies…je sais que c’est de plus en plus répondu mais merci tout de même !

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  4. Le même « réalisateur » s’était signalé avec un film idiot, dans lequel le navrant Vincent Cassel se ridiculisait, « Sheitan ». Je vois, à vous lire, qu’il ne s’est pas amélioré. Bravo, en tout cas, pour avoir fustigé au passage cette fabrique de têtes d’ampoules, HEC, où l’on ne connaît que trois mots d’ordre : Fric, Bouffe, Cul.

    Inutile de dire que je boycotterai le film.

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    1. Merci beaucoup! Je suis content en plus, parce que l’article a du succès. Preuve que lorsqu’on touche au cœur des choses, on peut rassembler (un peu)! 🙂

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  5. (Veuillez m’excusez pour le premier post, je pensais que les lignes seraient rendus de la même façon sur la fenêtre d’écriture et celle de lecture , de plus les quotes semblent avoir disparue, donc je repost)

    Loin de moi l’idée de rabaisser votre travail fait dans cet article, qui soi dit au passage à ses mérites et expose un ressentit tout a fait légitime de ce film, cependant je fut étonné par certain de vos propos, n’ayant (moi même et mon entourage proche) pas observé ces phénomènes .

    Je vais m’expliquer, en citant les parties de votre commentaire qui me font réagir afin que vous n’ayez pas à remonter lire vos propos.

    1_# C’est donc, Kellyah (Alice Isaaz), qui s’appelle en fait Kelly, qui amorce le processus qui mènera à monter un véritable réseau de prostitution. C’est aussi d’elle que surgisse toutes les idées pratiques comme celle de louer un hôtel.C’est bien connue, les pauvres ont le vice dans le sang. Notons qu’elle s’appelle Kelly, car ça fait bien beauf. Son collègue, s’apercevant qu’elle utilise un pseudonyme ne manquera pas de lui faire remarquer…#

    Plutôt qu’une dénonciation des vices des « pauvres », on pourrait plutôt y voir que les garçons, bien que venant de « bonne famille », se reposent sur leurs acquis et ne tendent que peu à faire avancer leur marché, alors que la fille « pauvre » se montre au final plus apte à adapter les principes de l’économie et à faire progresser leur capital. Ainsi vu, moins qu’une dénonciation des vices pauvres, on se retrouve avec une mise en valeur des talents des pauvres, qui au final peuvent se montrer plus compétent que des riches . Si leur salaire était attribué en fonction de leur participation, uniquement, nul doute qu’elle aurait gagner plus ses compères .
    Quand à son nom, je pencherai plus pour une volonté d’affirmer sa différence . Au cours du film, on la découvre solitaire dans une fête, puis lesbienne dans un film qui ne montre que des hétérosexuelles. Elle refusera d’ailleurs de « dépanner » lorsque le club se retrouve avec 4 clientes sans client, alors que la fille restante semble vouloir passer la nuit avec elle,déclarant encore sa différence par rapport aux deux garçons qui eux n’hésite guère à donner de leur personne (pardonnez l’expression). Contrairement au monde de « riche » qui l’entoure, elle ne cède pas à ces vices qui sont par ainsi considérer comme des vices de riches . D’autant plus qu’à voir les sommes entre les mains du club, leur business semble lucratif, et chère au vu du « peu » de leur client supposer (Rappelez vous Kelly au sortir de la fac d’ingénieur : 12 ? c’est de l’humanitaire à ce stade !).

    2_# Les trois compères ne vont pas recruter au sein de l’école. Les filles de l’école sont respectables. Ils recruteront la manutentionnaire du supermarché, la distributrice de dépliant pour une enseigne de fast-food ou bien une vendeuse en parfumerie. Bref, que des pauvres filles au smic. Et forcément, comme elles vivent dans une misère relative, elle accepte de se vendre pour quarante euros. #

    Les filles de l’écoles ne seraient surtout pas sensibles à leurs arguments. En effet, leur valeur sur le marché ne dépend pas que leur beauté, mais aussi de leur étude Combien de caissière sont devenus riches ou célèbre, ou ont épousée quelqu’un de riche et célèbre ? Leur principal argument de vente est là ; ils leur offrent une alternative à ce qui semble être leur destin. Cela dit, dire à une fille d’une des grandes écoles qu’elle ne vaut rien et qu’elle vaudra encore moins avec le temps est un contresens, puisqu’elle seront embauchée pour leur expertise qui augmentera avec le temps. De plus, elle n’auront supposément aucun soucis financier, doncn pourquoi se prostituerait’elle ? On voit de ce fait que la prostitution relèverai le plus souvent d’un besoin ou d’une envie d’argent, et que les prostitués n’aurait que leur beauté pour en gagner . On notera au passage que nul n’a forcé ces dames, elles ont accepté de leur plein grès.
    Au passage, les quarante euros étaient là pour payer le taxi à une fille qui n’était censé que passer du temps, discuter, danser etc avec quelqu’un, afin qu’elle même puisse faire la fête et non avoir des rapports avec lui. Il semblerait que le prix pour la nuit serait plutôt fixer à 250euros; citons Kelly dans le café: « 50 euros maintenant pour la convaincre (le prix du taxi?) et 200 euros ce soir pour qu’elle reste (le prix de la passe proprement dite)

    3_#Et puis, il faut dire aussi que, c’est bien connu, si tu n’as pas d’argent, tu n’as pas de copines, donc les pauvres vont tous aux putes… Dans quel monde, vivez-vous, Kim? #

    Je demanderais juste d’ou viens l’argent du club, si ce n’est de leur business, impayable par un pauvre … En plus, analysons le premier jeune abordé par Louis pour son affaire : tout le type du garçon de bonne famille sans soucis financier, qui n’a jamais connu l’amour ou les relations charnelles. Le deuxième ? pareil . Les clients ne seraient donc pas pauvre . On retrouve l’idée que le vice de la prostitution est un vice de riche, puisqu’il s’adresse à des personnes répondant à l’archétype suivant : Le/La prestataire de service est pauvre ou n’à que peu de moyen, Le/La client(e) a des moyens.

    4_ Concernant l’homosexualité de Kelly : # En somme, être lesbienne, ce n’est pas dans la nature. Et effectivement, la fin du film prouve qu’il a réussi a la soigner de sa maladie. Consternant. #

    Elle affirme au début être lesbienne, mais on peut y voir une technique de jeune assez répandu pour éviter de se faire draguer par un membre du sexe opposé ; affirmer être homosexuel.
    En prenant en compte les signes présent dans sa chambre, on serait tenter d’affirmer que oui, elle est lesbienne pure et dure, mais ce serait négliger un détail qui a son importance; le trouble entre elle et Louis et ses réactions exagéré dès qu’il parle d’une autre fille proche de lui.
    Enfin, la mère de Louis lui dit de « ne pas s’en faire une religion ». En considérant le ton de la discussion, le contexte, et l’attitude chaleureuse que la mère adopte en parlant de Kelly, on y voit une mère qui, ravi que son fils ai une amie doté d’un éventail de qualités plus diverses les unes que les autres, a bien remarqué que son fils lui même était intéressé (information révélé par le sourire en coin de cette dame lorsqu’elle dit « Donc c’est bien qu’il y a une question », la formulation même de la phrase laissant sous entendre qu’elle avait comprit les sentiments de son fils, qui ne les avoue pas puisqu’elle est lesbienne et que donc il n’a aucune chance). De plus, cette même femme laisse Kelly gambader avec ses enfants, s’éloignant sans inquiétude d’eux pour parler avec son fils, on pourrait y voir une sorte de signe montrant qu’elle l’accepterait d’or et déjà dans sa famille, ceci encore une fois confirmé par le fait qu’elle leur donne sa bénédiction (en fait à son fils, mais donc par extension à leur couple).
    Les mots « ne pas s’en faire une religion », je ne peux pas avec tout ce que je viens d’exposer les interpréter comme vous, j’y verrai plus les paroles avisé d’une mère qui dit que ce n’est parce qu’une fille ne t’aime pas aujourd’hui qu’elle ne t’aimera pas demain, elle l’enjoint à ne pas baisser les bras afin de ne pas passer à côté de ce qui pourrait être une belle histoire, et vivant dans son temps, elle a comprit que le cœur ne se dompte pas, et que si vous et moi aujourd’hui pensons n’être attiré affectivement que par les membres d’un seul sexe, il n’est pas exclue que demain nous rencontrions un membre de l’autre sexe qui saura nous séduire et dont l’on tombera amoureux .
    Pour souligner mon interprétation, prenons la fin de leur discussion; la mère demande à son fils de ne pas se rendre plus naïf qu’il n’est et d’ouvrir les yeux, la scène suivante dévoilant un échange de regard intense entre Louis et Kelly, où on peut se rendre compte de l’affection mutuelle profonde qu’ils se portent.

    Soit dit en passant, je n’ai jamais ressentit dans le film qu’on jetait une pierre sur les homosexuelle en les désignant de personne malades à soigner, tout ce que nous avons n’est rien de plus qu’une des questions existentielles que peut se poser un jeune homme de cet âge : « Je l’aime, est ce que j’ai une chance de faire ma vie avec elle ? », traduite par Louis dans le film par « Tu crois qu’elle est vraiment lesbienne ? »
    Et la fin du film, encore une fois tout à fait personnellement, m’évoque une chanson de « La rue Kétanou » : « L’amour à toujours raison » . Parce qu’au final, la dernière chose que l’on voit, c’est une démonstration sentimentale. Alors même qu’ils sont sur le point de connaître leur sentence, au moment où ces jeunes gens doivent être au plus grave de leur vie, Ils envoient en l’air les codes de conduite en publique et de la société et s’avoue enfin l’un à l’autre, apportant la conclusion à ce qui se trame pendant près d’une heure. Au fond, qu’importe la décision du conseil de discipline, à quoi bon en faire une scène ? Le message est déjà passé inutile d’insister. Au contraire, on a un dernier rebondissement final, dont l’action bien que prévisible arrive quand même à nous surprendre et c’est ça qu’il faut en retenir .

    5_#Lorsque les trois amis sont démasqués par l’administration, ils essaient de faire peur au directeur de l’école en le menaçant de révéler l’histoire aux journaux nationaux. Devant son refus, ils arguent que leur fichier de compte prouve qu’ils sont les meilleurs élèves de l’école. Tentatives dont on ne saura pas si elles réussissent à convaincre l’administration. Par une pirouette, le film ne donne pas de réponses. Confirmant par là, le sentiment terrible que le proxénétisme n’est pas ci grave que ça… C’est tellement pris à la légère. Les trois étudiants sont cyniques, et considèrent que tout peut s’acheter, mais le parti pris scénaristique est d’épouser leurs vues.#

    Avez vous bien été attentif au film ? Désolé de le formuler ainsi, mais à ce stade peut être votre attention n’était elle plus à son maximum, puisque le directeur du conseil de discpline (puisqu’il siege au milieu, on supposera qu’il en est le président) appel lui même le directeur du monde (remarquons au passage que Kelly est la seule à avoir essayer de les sauver). Le coup de bluff de Kelly étant démasqué, elle s’essaie à d’autres arguments, notamment le principe même d’une école : Apprendre afin de mettre en oeuvre, ce qu’après tout ils ont fait; mettre en liaison un prestataire de service avec sa clientèle et en faire un bénéfice. Après tout, aujourd’hui si j’ai besoin d’un appartement, je contact une agence qui me met en liaison avec un propriétaire. Si j’ai produit à vendre le plus cher possible, je contact un huissier chargé d’une vente aux enchères publique afin de trouver un acheteur. En terme de commerce sans considération morale, ils ont fait la même chose, et ont fait fructifier leur business, ce qui est exactement ce qu’on leur demande dans cette école.
    Pour la non révélation de la décision du conseil de discipline … je reprendrai l’idée précédemment exposé, ce n’est vraiment pas le plus intéressant dans ce film d’avoir la réponse. On trouve même un habile écho des paroles du président du conseil :  » Personne n’a d’intérêt à ce que cette histoire sorte,donc elle ne sortira pas  » . Même le spectateur ne peut s’avoir ce qu’il en est sortit, de cette histoire. Et enfin, même sans cet écho, cette non-révélation à une valeur propre : Au final à la place du conseil que feriez vous ? Personne n’a intérêt à ce que cette histoire sorte, or si vous virez les élèves, libre à eux de se venger en rependant les faits. Pour sauver l’image de marque de votre école, votre gagne pain, il faudrait tout faire pour cacher cette histoire honteuse pour un si bel établissement, il faudrait même aller jusqu’à mettre des bâtons dans les roues d’une enquête de police ! Mais ce n’est guère moral/légal de faire ça, alors que se contenter d’un blâme avec mise à l’épreuve des étudiants concerné serait satisfaire tout les partis : Plus de réseau de prostitution dans la fac, et les étudiants qui peuvent quand même avoir une vie derrière . Réfléchissez-y honnêtement et gardez la réponse pour vous (il serait dommage que les réponses soient orientés par une moralité d’apparat ou précaution juridique), seriez vous vraiment prêt à torpiller votre gagne-pain à cause de 3 étudiants, ou préféreriez vous étouffer l’affaire ? Etudiants qui, si ils avaient été dans un pays ou la prostitution libre est autorisé, auraient été salué comme étant de fin commerciaux ?
    On se retrouve avec un problème moral sans réponse fixe, avec justement aucun partit prit, qui nous laisse en débattre en notre âme et conscience, et ça, j’appelle ça une belle leçon d’humilité de la part des réalisateurs, que de nous laisser libre de nous imaginer la suite selon notre vision des choses, puisque la prostitution en un débat authentique, d’autant plus en France ou ses demi-etats semblent contradictoires, je m’explique : la prostitution est légale mais il est interdit de chercher des clients et d’avoir un local dédié. Quand à l’attitude des 3 étudiants, il démontre de plusieurs chose . En premier lieu, d’un détachement global du monde du business et de celui des sentiments . La où le business ne s’attache qu’à des chiffres, ou tout s’achète et se vend, un monde froid pour lequel ils ont été formé, habitué, et dans lequel ils plongent (1ère partie du film qui s’occupe surtout de la mise en route et du maintien du « club des cigares », employant un language et une logique purement commercial et dénué de sentiment en parlant pourtant d’humain), et le monde des sentiments où l’on se trompe sur des facteurs à cause notre vision de ces dits facteurs, un monde qui n’est plus régit par des chiffres, des valeurs financière mais par un enchevêtrement complexe possédant ses propres valeurs, la valeur culminante ici étant l’amour, l’histoire entre Louis et Kelly s’étalant sur une heure de film en étant la preuve par la durée qui lui est consacré, mais la question « qui veut on être dans ce monde? » qui ressort , au début avec deux garçons qui ne cherchent qu’à passer du bon temps, qui voudrait être des hommes certes, mais des hommes avec des filles dans leur lits, et plus tard la révélation sur le nom de Kelly( ou Kellyah ) , reprenant le principe de se redéfinir soi même dans ce monde bien que ne montrant pas les raisons profondes qui ont poussé la jeune fille à changer son nom.

    6_ # Comme pour confirmer ce ressenti nauséeux, un des spectateurs pose une affirmation incroyable lors du débat : « Vous vendez du rêve ! Moi, demain, je ne vais pas pécho à la fac. ». Et Mouloud Achour, qui joue un DJ, son propre rôle, de lui répondre : « C’est fait pour ça le cinéma, vendre du rêve ! ». Le monde rêvé d’Achour et de Chapiron est donc un monde de proxénètes, où l’essence de la vie, c’est se mettre la mine en boite, et où le mépris de classe est tellement évident qu’il fait défaillir les plus endurcis. Bonne soirée dans votre entre-soi, Messieurs. Pour ma part, je vais rentrer. Ne m’en voulez pas, je ne suis pas à l’aise lorsqu’on insulte ma femme, et celles de mes amis, dans un manifeste réactionnaire d’une heure trente #

    Comment réagir à ce débat puisque je n’y est pas assisté … Ah, dur, néanmoins encore une fois vous me semblez faire des liens hasardeux et des interprétations sans profondeur. Un spectateur aurait dit donc que « Vous vendez du rêve ! Moi, demain, je ne vais pas pécho à la fac. », ce à quoi on lui aurait répondu :« C’est fait pour ça le cinéma, vendre du rêve ! » . Hmmm, le cinéma est effectivement fait pour, entre autre, vendre du rêve, je pense qu’on tombera d’accord la dessus. Cependant, le rêve ici évoqué est uniquement celui vu par le spectateur (vous répondriez à quelqu’un qui dit que vous vendez du rêve au nutella qu’en effet, vous êtes là pour vendre un rêve moules-anchois ? Vous lui dite « oui, des rêves au nutella », ou « Non, ils sont moules-anchois », mais certainement pas « Oui, des rêves moules-anchoix ».) En conséquence il faudrait s’attacher à ce qu’est le rêve du point de vue du spectateur qui a parler, et son rêve semble contenir l’élément « pécho à la fac demain ». Je ne m’aventurerais pas plus loin, seul Celui qui a parler sait quel était précisément son rêve, mais je doute qu’il se résume à un monde de proxénétisme, de par l’emploi de « pécho » qui indique une part de séduction jouant dans l’affaire, sinon il aurait pu formuler de la façon suivante : « Vous vendez du rêve ! Moi, demain, je ne vais pas payer ma compagnie à la fac. ».

    7_ #La fine fleur de l’élite étudiante niçoise se pressait hier soir à l’avant-première de La crème de la crème de Kim Chapiron, qui sortira le 2 avril 2014. Une salle caricaturale pour un film qui sonne comme un affront à tous ceux qui, issus des classes populaires, n’ont pas eu la chance de poursuivre des études, ou bien, l’on fait avec difficulté. La salle acquise, qui suivra l’équipe du film en boite après la projection, est composée en majeure partie de membres de BDE, ces associations étudiantes pour gosse de riches, pâles imitations des confréries américaines. Malaise.#

    Bon … Ai je vraiment besoin de parler là ? Vous êtes réellement en train de commenter le PUBLIQUE ??? C’est le point de départ de votre commentaire, et rien que dans ce premier paragraphe, vous venez de perdre votre crédibilité. Désolé de vous le dire, mais le BDE n’est pas un repère à gosse de riche. Et comment pouvez vous être si sûr de vous ? Quand je croise des personnes du BDE dans les couloirs de la faculté, je ne les reconnais que si je sais qui ils sont. Ils n’ont pas d’écharpe à motif, de broche, de pull, pas même une ceinture avec un quelconque logo de la BDE. Ce sont des gens comme les autres, à la différence qu’ils se mettent en groupe pour organiser des événements non pas pour eux et leurs amis, mais pour tout les étudiants qui désirent y venir. Enfin, il y en a bien un une fois qui est venu en armure médiévale, avec cape, écu et cimier, mais ça c’est encore autre chose.
    En outre, vous partez dans ce premier paragraphe avec déjà l’idée que ce film est une injure envers les personnes issus de classes populaires qui ont eu du mal à faire des études . Et bien, sentez vous injurié autant que vous le souhaitez, mais moi même répondant à ces critères, bien qu’encore en étude, je vous dis zut . Je vous dis flûte même . En nul point je ne me suis sentit attaqué, au contraire j’ai eu l’impression que pour une fois un film avait réussi à comprendre et exposer certaine réalité sensible. Au détail près qu’il manquerait les risques du métier (tout ceux qui ont déjà demandé « qu’est ce qui s’est passé » à une amie qui leur a répondu « mon mec de hier soir » me comprendront, les autres imagineront).

    Après, je passerais assez vite sur quelques défauts de ce film, des idées lancée mais non exploités, quelques longueurs de ci de là, des points peut être trop dévellopé par rapport à d’autre … Non pas que je réfute leur existence, disons plutôt qu’en 1h30, on ne peut pas tout faire, et que le réalisteur n’en est qu’à son 3ème long métrage, accordons lui un peu de clémence sur ces erreurs là .
    En parlant des points non développés, je viens de me rendre compte que nous n’avons que peu ou même pas du tout évoqué Dan . Pourtant, A eux trois les étudiants forment une représentation basique de n’importe quel société : Dan définit les objectifs et les moyens d’y parvenir, Kelly recrute le personnel, Louis démarche les clients . Simple, et efficace . Et si je mentionne Dan, c’est parcequ’il permet aussi, via sa propre romance, de montrer l’incertitude d’une jeunesse quand les sentiments et le travail se mélange, et le genre de difficulté que ça peut entraîner, et même si je n’ai pas spécialement envie (après avoir écrit tout ça, pfiou!) de commenter plus avant dessus je pensais que c’était tout de même au moins à mentionner

    Pour conclure, je dirais que mal-grès votre avis négatif sur ce film, il n’en reste pas moins une oeuvre atteignant son but, dénonçant l’errance dans laquelle peut se trouver la jeunesse qui, toute formée intellectuellement n’a pas reçu d’éducation morale, une jeunesse également qui n’a pas encore expérimenté la vie et la découvre à coup d’essai, dénonçant les disparités qui existent au sein des « grandes écoles », ainsi que les différences sociales en fonction des richesses, entre les pauvres qui ne valent rien et ne prennent pas de valeur, et les riches qui deviendront de plus en plus prisés.
    Et au final, rappelons quand même comment toute l’histoire est née : Un gars avait un problème . Son ami à rencontré un fille qui avait remarqué son problème . La fille à proposé une solution, demandant à une autre jeune femme de discuter avec ledit ami à problème pendant une super soirée pour pouvoir y participer .
    L’intention était louable, le moyen d’y parvenir par contre, peut être moins. Et vl’an, encore une question que le film nous pose : tout les moyens sont ils bons pour atteindre son objectif ?
    Je vais donc terminer cet affreusement long commentaire en vous posant une question
    Regardez votre commentaire . Regardez le mien . Comparez les longueurs . Honnêtement, n’avez vous pas l’impression d’avoir survolé des pans entier du film, ignorer une foule de petits détails (hormis les mangas, fallait avoir l’oeil pour les reconnaître), vous être peut être laissé guidé par vos propres orientations politiques* ?

    *encore une fois, ce n’est pas pour faire polémique, mais ce n’est pas un secret que vous êtes communiste, on peut donc naturellement douter de votre bonne fois quand il s’agit de commenter un film dont le credo est « tout s’achète et se vend », principe même du capitalisme

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  6. Bonjour, avant toute chose, laissez-moi vous dire merci! Il est si rare de nos jours d’avoir de vrai argumentaire sur le fond et non sur la forme.

    Il est vrai que ce n’est un secret pour personne ayant pris la peine d’explorer le site, les deux rédacteurs sont militants communistes. Nous avons fais le choix de le dire explicitement parce que nous pensons qu’il est nécessaire d’informer les gens sur qui les informent. La démarche qui nous semble naturelle est mis en lumière par le documentaire de Yannick Kergoat et Gilles Balbastre : « Les Nouveaux Chiens de garde ». Par exemple, Michel Godet est présenté comme un professeur de droit, ça lui donne un aura de crédibilité. On oublie qu’il a été administrateur d’Axa ou de Bongrain, un géant de l’agroalimentaire. Cet omission volontaire permet de passer sa nécessaire défense de l’économie de marché.

    Je ne considère pas que l’exercice de la critique puisse être réellement objectif. La seule objectivité qui vaille est de juger sur pièces. Il y a peu de chance que vous me voyez descendre un film d’Eastwood qui est pourtant une personnalité de droite. De par ma sensibilité, certains sujet me tienne plus à cœur et je peux en faire un sujet de combat, j’en conviens. Effectivement, le credo du film est « tout s’achète et tout se vend » et je ne peux que le déplorer. Je tiens à préciser toutefois que je ne suis pas venu avec l’idée que je n’aimerais pas le film d’avance. J’avais même vu la bande-annonce qui laissait entrevoir un film sulfureux et dénonciateur. Je n’ai vu ni l’un ni l’autre. Je n’ai pas survolé le film, j’étais même très attentif. Concernant la longueur de mon texte, on peut aller à l’essentiel et être concis. Vous noterez que la majorité de mes articles dépassent rarement les 800 mots bien que je ne me fixe pas de règles précises.

    Reprenons point par point. Vous pardonnerez quelques imprécisions, j’ai vu le film il y a un bout de temps.

    1) Certes, on peut aussi voir cela du point de vue de ces jeunes riches qui ayant tout ont moins la gnak. Il n’empêche que c’est Kelly qui initie le mouvement. Rappelons également qu’il n’y a pas que chez les pauvres que les parents sont passablement idiots. Rappelons nous des histoires sordides de la famille De Villiers pour citer un exemple connu.

    2) Bien sur que les filles de l’école ne seraient pas sensibles à leurs arguments. Quoique dans un esprits libertins, pourquoi pas. Le film ne parle pas de la particularité des prostitués, pauvres hères n’ayant que leur beauté pour vivre. Ils ne proposent pas à des péripatéticienne patentées mais à n’importe quelle fille pourvu qu’elle soit de classe modeste. C’est bien là que le bât blesse. Le problème n’est pas que des filles pauvres accepte l’idée de la prostitution. On connaît malheureusement la réalité de la prostitution étudiante. Le problème, c’est qu’elles acceptent toutes! Toutes! Encore heureux qu’elles ne soient pas forcés. Mais le film fait passer l’idée que n’importe qu’elle femme pauvre accepterait. Premièrement, le film impose une dichotomie beauté/niveau d’étude. Seulement voilà, ce ne sont pas les seuls valeurs des femmes, même au niveau carrière. Une femme moche, peu cultivé, ne pourrait-elle pas être un très bon flic, une chef de cuisine de renom, etc… Soit elle vend son corps, soit elle reste dans la misère. Elle n’a que deux solutions? Deuxièmement, elle ne sont pas forcés, mais parlez en avec des prostitués, ou même un grand nombre de salarié, cela s’appelle la servitude volontaire, ce n’en est pas moins une servitude. Je suis communiste et je suis responsable dans un bazar qui vend de la camelote à deux euros. C’est une servitude volontaire, un moyen de subsistance. Pour autant, je n’irais pas me prostituer. Ne trouvez-vous pas bizarre qu’aucune fille ne les giflent avec cette proposition. Je vous propose de tenter votre chance dans la rue demain et de me rapporter votre expérience.

    3) Je dois avouer que leur réseau est tourné vers l’intérieur de leur école donc vers une clientèle fortuné.

    4) Je reste très sceptique à ce sujet. Mon ressenti était bel et bien que la mère de Louis, bien qu’elle porte un regard affectueux sur Kelly, pense que ce n’est pas dans la nature. En somme, elle me faisait plutôt l’effet d’une femme qui ne condamne pas l’homosexualité mais la pense néanmoins comme une lubie de jeunesse.

    Ensuite, les jeunes gens semblent inquiet de leur convocation par rapport aux risques pour leur carrière mais ne présente aucun remord. Les sources du capitalisme sont celles de l’esclavage (je vous conseille le documentaire diffusé sur Arté à ce sujet intitulé sobrement Capitalisme et dont les deux premiers épisodes sont actuellement disponible en replay). La vente d’être humain n’est pas une mince affaire. Chapiron a justement un regard complaisant sur cette abomination. L’histoire d’amour ne semble être là que pour nous dire : « Allez, on s’en fout de l’immoralité de la situation, on s’en fout que se soit des sales personnes, ils s’aiment. Les salauds ont aussi un cœur ». On n’entendrez presque Giscard : « Vous n’avez pas le monopole du cœur ».

    5) Si Chapiron ne veut raisonner qu’en terme de commerce, c’est son droit. C’est le mien de m’en offusquer. De même, je suis un peu choqué que vous compariez l’achat d’un appartement avec celui d’une prestation sexuelle. Comme cela me choquer dans le film par ailleurs. Quant au directeur de l’école et de la volonté d’étouffer l’affaire, bien sur que cela existe et se fait, j’ose toutefois espérer qu’il reste des hommes intègres.

    6) Concernant le débat, soyez sur que je ne rapporte que des faits réels. Des faits qui ont finis de me convaincre, effectivement, de mon point de vue sur le film. Et le jeune homme disant qu’il a du mal à assouvir ces besoins sexuels fait référence au film quand il dit qu’il ne tirera pas son coup demain. Dans le film, il est bien question de prostitution donc le jeune homme déplore bien de ne pas pouvoir recourir à des rapports tarifés puisqu’il n’est pas capable de séduire par lui-même. Ce qui est bien triste, convenons-en. Et c’est à ce rêve que Mouloud Achour a répondu qu’ils étaient là pour leur vendre. Achour n’a pas dis : « Non, il sont moules anchois ». Il n’a pas dis que le jeune homme avait mal compris le film. Il lui a clairement dit que la situation du film était fun! Un vrai rêve!

    7) Nous touchons ici un point sensible. J’ignore si vous avez fais partis d’un BDE ou militer d’une manière ou d’une autre à la fac. Alors premièrement, je parle de mon expérience niçoise et d’un certain nombre d’autre fac avec lesquelles nous étions en contact. J’ai fait parti d’un Comité local étudiant, non affilié à la FAGE (l’organisation qui fédère la majorité des BDE français) ni au Parti Communiste Français si cela peut vous rassurer. Nous avons évité l’expulsion de plusieurs étudiants étrangers, nous avons pallier les manques de livres dans nos BU par un prêt inter-étudiant que nous gérions, nous avons permis la réouverture de deux foyers, mis en place une coopérative de fourniture scolaire à prix réduits, organiser de nombreuses projections de films et des débats, ainsi que des fêtes accessibles à tous n’excédant jamais 5e de droits d’entrées, etc… Cela sans aucune autre subvention que nos adhésions. Nous n’avions pas accès au subvention du FSDIE (Fonds de Solidarité et de Développement des Initiatives Étudiantes) qui était phagocyté par la FACE (antenne locale de la FAGE) et les BDE. Ces derniers ne proposant à l’exception notable du BDE de Chimie qui avait quitté la FACE, que des soirées à 25 euros l’entrée et absolument aucun événement culturel. Ce qui la fout mal pour une organisation étudiante, avouez-le, même si on aime faire la fête. D’autant plus que leur fête n’était pas dans les moyens d’une majorité d’étudiant. Alors oui, c’était des associations entre amis et à la limite de malfaiteurs.

    Enfin, toujours à ce sujet, si je me permets d’évoquer « la fine fleur de l’élite étudiante », c’est que je fus surpris (je n’étais plus étudiant à l’époque où j’ai écris ces lignes) de m’apercevoir que seule deux rangs du cinéma n’était pas marqué d’une réservation. Les autres avaient été réservé pour les gagnants d’un jeu concours organisé avec les deniers de l’université qui offrait aussi le droit à une soirée arrosée hors de prix… RAjoutons à cela que Chapiron se vantait d’avoir remplis la salle et d’avoir un succès fou. Mais enfin, l’hypocrisie était à son comble puisque les gens étaient venus gratuitement et dans l’optique de la soirée… On est loin du réel succès d’adhésion que j’ai pu constaté pour le dernier film de Cédric Anger par exemple : « La prochaine fois je viserais juste ». Seul deux rangs était réservé, la salle était comble et le monsieur ne s’est pas vanté…

    Cordialement, bonne lecture.

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  7. Bonjour,
    Merci pour votre réponse, en apportant certaines précisions vous m’avez permis de mieux comprendre votre commentaire de base. Après, comme vous l’avez dit, Comprenant mieux votre commentaire initiale, je tenais aussi à vous présentez mes excuses ; je n’avais pas pensé à me demander dans quel but vous faisiez vos commentaires et il est vrai qu’une forme plus courte permet d’avancer rapidement en mettant en avant les points importants sans noyer le lecteur dans un surplus d’information , aussi vous reprocher la « courte » longueur de votre commentaire me parait mesquin à présent . Pour le reste, je maintiens que
    Concernant vos soucis avec votre BDE dans votre jeunesse, je trouve celà regrettable également, que soit une simple différence de prix entre les régions ou une différence culturelle puisqu’ici il me suffit presque de tendre la main pour avoir n’importe quel livre à la BU ou assister à un événement culturel, bien que ce ne soit pas forcément organisé par un BDE mais parfois un intervenant du spectacle qui nous vantent la saison de l’opéra-théâtre 2014/2015, ou ne serait ce que la liberté d’assister gratuitement à une conférence sur des sujets variés, de même que plusieurs de mes amis étudiants ailleurs ne rencontrent pas plus de problème que moi sur ce point. J’imagine que je devrais en profiter au passage pour remercier nos « généreux donateurs » qui se trouvent être les représentants locaux d’entreprise dont le succès n’est plus à prouver et dont les dons permette cela .

    Quand au reste, le jeu-concours organisé avec les deniers de l’université offrait aux gagnants des place pour un événement culturel une fête arrosée hors de prix . En toute honnêteté, ça ne m’a pas l’air si méchant que ça (libre à vous de corriger mes calculs et estimation suivante, car je ne fais justement que supposer ) :

    _En prenant le nombre de cinéma en France (en 2012 : 2 029) et le nombre de place totale de tout les cinéma (en 2012 : 1 068 903), ainsi que la recette totale en salle des cinémas français (en 2012 : 1 305 630 000 M€) et le nombre total d’entré cumulé (en 2012 : 203 440 000), on arrive au termes suivant : le cinéma français moyen dispose de 525 places dans ses salles, et le prix de ces places est de 6.42 euros . Je trouve assez pertinent d’utiliser ces valeurs, dans la mesure où je ne connais pas la salle ni les tarifs du cinéma dans lequel vous avez pu constater que tout les ranges sauf deux était occupé, si l’envie vous prend je vous invite évidement à refaire le calcul avec les valeurs réels .
    Donc, au final tout les rangs sauf deux étaient réservé . Par simplicité de calcul, je vais prendre la liberté d’imaginé que deux rangs fond 25 places (j’aime bien le nombre 500) . Ce qui signifie que 500 places à 6.42€ ont été payé par les fonds de l’université, soit une dépense de 3210€ pour les places proprement dite.

    _la soirée devait être organisé par l’équipe de tournage qui à donc payé les locaux et possible une commission pour un bar gratuit . On en revient à donc soir une formule « prix d’entré + conso » soit « prix d’entré augmenté – conso selon stock » . Maintenant, face au nombre de place. Au vu du nombre de personne, je pencherai plus pour le prix « entré + conso » En faisant une moyenne des divers tarifs trouvé sur le website de différent club, fixons le prix d’entrée à 15€.
    Les fonds nécessaire pour payer ces entrées est donc de 500*15 = 7500€

    _ On arrive donc à un total de 3210+7500=10710€ dépensé par l’université pour donnez à 500 gagnant du jeu concours un place de cinéma + une une entrée à la soirée .
    Maintenant, ajustons les prix:
    On pourrait s’aventurer à supposer d’une réduction des prix du cinéma face à une réservation quasi entière de la salle, mais je ne partirai pas sur ce point . De même que je ne développerai pas l’idée que la prod ai pu elle même mettre la main à la pâte en payant quelque place pour le jeu-concours.
    Plutôt, regardons ce point, le plus coûteux mais aussi le plus modulable : puisque les spectateurs ont accompagné l’équipe de prod en boîte en boîte, le soirée devait être peu ou proue organisé par la production, on pourrait s’attendre face à une soirée de cette ampleur (plus de 500 personnes attendues quand même …) que le club ai arrangé un tarif d’entré réduit, puisque le bar est censé tourné avec autant de monde présent. Supposons un tarif d’entré réduit à 13.58€ . Pourquoi 13.58 et pas 13.5 seulement, Eh bien parcequ’on aurait une dépense totale de 6790€ pour les 500 entrées de la soirée, ce qui reviendrait donc à un coût total de 10000€
    Ensuite, dans les 500 places réservés, j’ai supposé au dessus que toute était dédié à une seule même université, mais sans doute les places réservés de la production et celles qui pouvait être obtenu via divers événement (jeu radio, etc) n’était elle pas payé par l’université, ce qui induit aussi que l’université n’a pas eu à payé 500 entrées en soirée . Maintenant, gardons à l’esprit le chiffre 10000€ , une belle somme quand même mais qui me parait personnellement supérieur au coût total de l’opération. De quoi bien garnir une bibliothèque universitaire sur un sujet particulier je penses. Cependant de ces 10000€, combien ont été réellement déboursé par l’université, et combien provient d’une aide extérieur ponctuelle ?
    Au final, au vu du budget total d’une université par rapport au coût de cet opération, ça ne paraît pas si énorme . D’autant plus que, même si la moyenne est de 525 places par salle de cinéma, si on refait le calcul en supprimant les cinémas géants de plus de 1000 places, cette moyenne chutera, donc le nombre de gagnant du jeu concours aussi
    Après ce n’est pas parceque je minimise la « perte » de cet argent que je ne trouve pas dérangeant de dépenser autant d’argent pour « ça » plutôt qu’économiser et projeter des rénovations, des améliorations à la faculté même, remplacer le matériel usagé/dépassé, etc .

    Bref, j’aurai préféré honnêtement avoir le détail de la facture sous les yeux pour parler, puisque j’en suis réduit à supposer, approximé et ce n’est pas très rigoureux …

    Quand à l’attitude de Chapiron, bah franchement laissez le dans son coin, sauf les addicts/fans, je penses qu’on ne va pas voir un film pour son réalisateur mais pour son contenu, même si il est vrai que certain nom peuvent être prix comme gage de qualité, Par exemple que si on me donne le choix entre 4 films sans me préciser quoique ce soit de leur contenu, mais en me donnant leur réalisateur, je serai naturellement plus intéressé par un film d’un réalisateur que je connais et apprécie que par les inconnus.

    Après, un question qui m ‘est venu en lisant vos mots : « De même, je suis un peu choqué que vous compariez l’achat d’un appartement avec celui d’une prestation sexuelle. »
    Je tiens à préciser que j’ai simplement essayé de transposer l’état d’esprit des 3 jeunes gens qui ont monté leur club des cigares, mais après, justement vous avez été choqué . Vous avez réagi. N’est ce pas une excellente manière de dénonce quelque chose qui existe mais « en secret », que de le projeter sur un écran en faisant genre « c’est tout à fait normal, c’est que du marketing appliqué ! » ? C’est justement en ayant ce genre de propos chocs qu’ont peu faire se réveiller les spectateurs et les inciter à prendre part au débat et à agir, non ?
    Par exemple, si à la place du proxénétisme, les jeunes avaient vendue de la drogue Krokodil (une drogue très puissante et surtout rapidement mortel) à tout le monde, qui aurait évidement accepté naturellement, et serait mort tout aussi naturellement , pendant que les jeunes continue leur business en disant : les morts, c’est normal. Vous auriez trouvez ça affreux, et c’est normal . Mais auriez vous pensez que c’était pour faire l’apologie de la drogue, ou pour faire le décalage entre l’obscurantisme actuelle du commerce de drogue actuel et ses risques avec un monde futur possible ou la vente se fera au grand jour et ou personne n’en a rien à faire ? Ne peut on voir la façon de dédramatisé le commerce des jeunes et de le traiter comme n’importe quoi d’autre, que comme un moyen faire se réveiller les spectateurs ?

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    1. Bonjour,

      Passons sur l’estimation des coûts de la soirée. Pour faire court, le concours étant organisé par la FACE, ce sont sur ces fonds que cela a été acheté. La majeure partie des revenues de la FACE sont des subventions de l’Université. Subvention qu’ils obtiennent prioritairement, non pas sur des projets étudiants (hormis les soirées hors de prix) mais sur des connivences politiques avec la direction de l’université et quelques hommes politiques locaux. Alors bien sur, cette soirée-là, ce n’est pas grand chose, mais c’est l’inexistence de politique culturelle et sociale qui posent problème, sauf cas très rare comme celui-ci s’il y a une soirée en boite après…

      Après j’accepte tout à fait que vous ayez, au contraire de mon analyse, trouver que le film dénoncer ce système. Je pense au contraire que la mise en scène est volontairement détaché de la gravité et des enjeux du sujet (qu’on noie sur une romance qui ne nous aura pas fait pleurer des larmes de bonheur). C’était l’impression que j’avais de plus en plus prégnante durant la séance. Si j’avais vu le film hors avant-première, j’aurais certainement relevé les mêmes points mais avec moins de virulence. Seulement, les propos tenus m’ont conforté que le film développait cette vision, à savoir que les comportements des trois jeunes gens étaient fun et sans incidence. Il faut dire que les nombreuses réactions dans la salle allaient dans ce sens et qu’aucun invité, ni le réalisateur, ni Mouloud Achour, ni le producteur du film ne firent de démenti ou tentèrent d’expliquer leur démarche. On ne peut pas totalement détaché l’œuvre de son créateur, surtout lorsque l’on sait que sont mis en place des mécanismes conscient dans les choix filmiques. Alors je serais prêt à admettre que le film est un moyen de faire se réveiller les téléspectateurs si Chapiron avait opposé un peu de résistance à l’élan de bêtise qui finit de m’achever ce soir là. Presque unanimement, la salle s’identifiait aux jeunes « héros ». Effectivement, ce n’est pas le monde de demain au quel j’aspire.

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