Monuments Men, insipide chasse au trésor


George Clooney multiplie les casquettes pour sa cinquième réalisation, Monuments Men. Il y est également scénariste et acteur principale. Il embauche une distribution pléthorique de stars : Matt Damon, Cate Blanchett, John Goodman, Bill Murray et Jean Dujardin. Un quintet de choc qui ne suffit pas à sauver le film de sa platitude. Clooney aurait peut-être dû déléguer davantage.

En 1944, une équipe composée de collectionneurs et d’historiens de l’art est mise en place par le général Eisenhower, sous l’impulsion de George L. Stout (renommé ici Frank Stokes). Leur mission est de retrouver les milliers d’œuvres d’art volés par les nazis pendant la guerre et la retraite de la Wehrmacht vers l’Allemagne. Ils suivent pour cela, l’avancée des alliés et tentent de convaincre les commandements locaux de leur apporter leur soutien.

Si le film est inspiré de fait réels, il prend des libertés sur le rôle des protagonistes. Par exemple, Claire Simone, incarnée à l’écran par Cate Blanchett (en réalité Rose Valland) n’a jamais été inquiétée pour collaboration. Au contraire, elle a été décoré pour ces actes de bravoures par la France et par la République Fédérale d’Allemagne. Dans le même ordre d’idée, le personnage de Jean-Claude Clermont, interprété par Jean Dujardin n’est pas mort durant une mission mais a belle et bien survécu à la guerre. Bref, c’est une adaptation de roman, inspirée de fait réel. On n’en tiendra pas rigueur. Quoi que, une fois n’est pas coutume, ce sont les minorités qui meurent en premier, ici le britannique et le français. Malgré tout, si l’on n’est pas tenu de s’en tenir à la stricte vérité historique si l’on s’inspire d’une histoire vraie (c’est un film, pas un documentaire), alors autant donner davantage de rythme à notre scénario. C’est sur ce point que le film échoue. Clooney n’arrive pas à donner un souffle à son film. Il n’y a guère de morceaux de bravoure, et les personnages ne sont développés que très superficiellement, si bien que l’on n’a pas d’émotion particulière lorsqu’ils viennent à disparaître.

Comme pour palier ce manque d’action (pour un film de guerre, ce n’est pas bienvenue), Clooney l’enrobe de banalités, en voix-off, se voulant touchantes et humanistes. Frank Stokes ne cessent de rappeler la valeur de notre patrimoine pour l’âme humaine. Malheureusement, le jeu des acteurs rentre en dissonance avec le discours, on a seulement l’impression que nos héros joue à la chasse aux trésors. Aucun d’eux ne versera une larme en retrouvant un chef-d’œuvre. Monuments Men manque cruellement de sentiments malgré un sujet qui aurait pu s’avérer passionnant.

Boeringer Rémy

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