Adriana Lecouvreur à l’Opéra de Nice


Ce dimanche se tenait à l’Opéra de Nice, la première d’une série de quatre représentations d’Adriana Lecouvreur, opéra d’inspiration vériste, créé en 1902 à Milan. Malgré un premier acte, dont le livret compliqué d’Arturo Colautti ne permet pas une compréhension facile, Adriana Lecouvreur est une pièce méconnue, mais non dénué d’intérêt du compositeur calabrais Francesco Cilea.

Adriana Lecouvreur est inspirée par le personnage historique d’Adrienne Lecouvreur, célèbre comédienne française du XVIIIème siècle, amie de Voltaire et maîtresse du conte Maurice de Saxe. Adriana Lecouvreur (Cristina Pasaroiu) et la Princesse de Bouillon (Laura Brioli) sont deux rivales, toutes les deux éperdument amoureuse de Maurizio (Bruno Ribeiro), comte de Saxe. Leur rivalité croissante va mener à l’empoisonnement d’Adriana malgré la protection de son ami Michonnet (Davide Damiani).

Le premier acte souffre malheureusement d’un manque certain de moyen. Celui-ci étant une mise en abîme, un spectacle dans le spectacle, la mise en scène ne s’avère pas assez forte pour permettre une compréhension parfaite. On s’embrouille facilement dans les rôles. La scène se passe au théâtre, et voilà qu’arrive un abbé et un prince dont on attendra le deuxième acte pour comprendre sans ambiguïté qu’ils ne sont pas des comédiens mais bel et bien Abbé de Chazeuil (Steven Cole) et Prince de Bouillon (Christophoros Stamboglis). Toutefois, la mise en scène s’étoffe aux actes suivants, et avec peu de moyen, Francesco Micheli, assisté de Nicolas Bovery aux décors, distille une ambiance menant crescendo au drame final. Le troisième acte est un jeu de cache entre Maurizio, Adriana et la Princesse de Bouillon. Ce jeu est symbolisé par un énorme cadre composé d’imposantes lampes, et qui en tournant sur lui-même au centre de la scène, laisse les uns dans l’ombre, et les autres dans la lumière, au gré du chassé-croisé. À la fin du même acte, des tentures descendent sur scène et des femmes dansent en ombre chinoise au rythme de l’interlude orchestral. Une chorégraphie parfaitement synchronisée avec la musique, qui vous réservera une surprise inattendue lorsque les tentures s’envoleront. Au quatrième acte, tous les personnages sont réunis autour d’Adriana, assise sur un tapis de lumière, pour la tragédie qui arrive. Quel destin aurait été mieux choisi pour celle qui fut considérée comme la meilleure actrice tragique de son temps ?

Les prochaines représentations se dérouleront le mardi 18 mars à 20 h ainsi que les jeudi 20 mars et samedi 22 mars, à la même heure. Adriana Lecouvreur est à réserver aux curieux ou aux spécialistes de l’art lyrique car il reste un opéra plus difficile à appréhender que les grands classiques. Le premier acte pourra troubler les moins préparés, mais l’orchestration gagne en lyrisme par la suite, et les profanes seront finalement l’apprécier à sa juste valeur.

Rémy Boeringer

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