Tales Of Us, Goldfrapp et ses contes éthérés


Hier soir était projeté dans les cinémas de la franchise Pathé, et quelques cinémas indépendants, une œuvre protéiforme mêlant clips musicaux et concert filmé du groupe de trip hop Goldfrapp : Tales Of Us, inspirée par l’album éponyme sorti en septembre dernier. Une performance unique, réalisée par Lisa Gunning, compagne d’Allison Goldfrapp. Nous voulions tester pour vous ce type d’événement singulier.

Nous sommes sortis mitigés de la salle de projection, partagés entre plusieurs sentiments contradictoires. Malgré son format original, l’œuvre présente des scories inhérentes à celui-ci. En effet, la partie concert n’arrive pas à nous entraîner dans la folie communicative que l’on peut vivre dans une salle de concert. Pourtant, nous sommes plus proches que jamais de la scène. Une sorte de barrière invisible empêche les émotions de nous envahir totalement. Il y a quelque chose de profondément artificielle lorsqu’Alisson Goldfrapp s’adresse à son public. Non pas que la démarche soit factice mais le manque de proximité avec le reste du public et l’impression qu’elle s’adresse à la caméra de la réalisatrice, davantage qu’à un public qu’elle ne peut pas percevoir et ressentir. La performance est d’ailleurs enregistrée au Air Studios de Londres, sans spectateurs.

Toutefois, les cinq clips réalisés par Gunning sont des invitations à la rêverie, autour des titres Stranger, Laurel, Jo, Drew et Annabel. Des variations éthérées autour des thèmes de l’amour, de la recherche de soi, et de la mort. Chacun des courts-métrages est pensé comme une boucle où les personnages sont coincés pour un éternel recommencement. Alternant noir et blanc et couleur, cette première partie forment un tout poétique et mélancolique aux accents et à l’esthétique parfois giallesque. Le concert qui suit est réalisé dans une ambiance tout aussi immatérielle. Le jeu de lumière ne laisse apparaître les décors uniquement dans la pénombre. Allison Goldfrapp est ainsi le centre de l’attention, entourée de ses musiciens, installés en cercle, comme autant d’incarnations des personnages de Tales Of Us. La première partie du concert étant composé par des morceaux au cœur des origines trip hop du groupe, les deux derniers morceaux Train et Strict Machine sont clairement plus orientés électro-pop. De quoi faire bouger les têtes pour finir en beauté. Les mélomanes reconnaîtront l’influence d’Ennio Moriconne dans Lovley Head et plus surprenant pour un groupe anglais, le thème de Ces gens-là de Jacques Brel comme fond entêtant de Jo.

Pour conclure, disons que l’expérience peut s’avérer très agréable pour les fans du groupe et que la performance cinématographique de Lisa Gunning couplée à l’expérience scénique de Goldfrapp donne une œuvre originale et agréable. Mais que, malgré tout, on ne peut que sortir un peu déçu par le manque d’immersion, dû essentiellement au format. Format qui aurait pu faire un très beau bonus DVD mais qui ne convint pas particulièrement à une sortie en salle.

Rémy Boeringer

Pour voir la bande-annonce :

Publicités

Un commentaire

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s