L’étrange défaite : la guerre, la défaite, la Résistance


Marc Bloch (1886-1944), professeur d’histoire médiévale à l’Université de Lyon, vétéran de la première guerre mondiale, Chevalier de la Croix de Guerre, nous livre un témoignage poignant de la guerre éclair, le blitzkrieg, qui terrassa la France en quelques jours. Un témoignage de la vie sous le régime de Vichy et de ses lois discriminatoires, et un témoignage de la Résistance, de ses combattants de l’ombre, jusqu’à son exécution par la Milice et les allemands, le 16 juin 1944.


En 1939, Marc Bloch demande sa réaffectation dans l’armée française alors qu’il n’est plus mobilisable. Issu d’une famille de la petite bourgeoisie lyonnaise, fils d’un directeur d’école et professeur lui même, le « plus vieux capitaine de l’armée française » est affecté au ravitaillement d’essence. Durant l’invasion allemande, il essaiera tant bien que mal de garantir le ravitaillement des unités au front. Sidéré par l’effondrement d’un pays qui, sur le papier possédait la meilleur armée du monde et qui avait résisté quatre ans pendant la dernière guerre, il se mit à écrire son témoignage, de cette période fatale pour la France. Il saisit les instants de cette défaite, les problèmes de communication et de coordination des troupes, notamment avec les alliés anglais.

Imputant d’abord cette défaite aux ouvriers des usines sidérurgiques, luttant pour leurs conditions de travail, pour leurs salaires, il saisit vite l’ampleur du désastre et de ces véritables causes, dont les travailleurs ne sont aucunement responsables. En effet, la défaite n’est pas, non plus, due seulement à l’incompétence de commandants d’un autre âge, ayant une guerre de retard, mais aussi à une certaine volonté de voir l’ennemi l’emporter. Il surprend son supérieur, le général Blanchard (qui recevra la Légion d’honneur en juin 1940 sur recommandation du général Weygand) disant à ses petits camarades de l’état-major, qu’il verrait bien une « double capitulation » alors que les troupes françaises se battaient avec acharnement contre les panzers de Guderian. Mais les militaires ne sont pas les seuls à jouer contre leur camp. Les grands patrons eux aussi, les Schneider du Creusot et autre Renault, qui refusaient mordicus de produire des chars pour la France mais ne se firent pas prier pour fournir camions et pièces détachées pour les chars allemands.

A  l’approche des commémorations du 8 mai 1945, ce témoignage unique, d’une des périodes les plus sombre de notre pays, est un livre à lire. Ces 300 pages en format de poche nous éclaire aussi sur le temps présent, sur les pérégrinations de dirigeants jouant contre leur peuple, laissant les mains libres à la cupidité d’une poignée d’oligarques et de financiers, quitte à appauvrir des régions entières. Comme ce fut le cas, également lors de la première guerre mondiale, cette putain de guerre!

Thomat Waret

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