The Amazing Spider-Man : Le destin d’un héros, du rire aux larmes


Le réalisateur de (500)jours ensemble, comédie romantique atypique, Marc Webb, fait parler de lui depuis qu’il a repris la franchise Spider-Man pour le compte de Columbia Pictures. Une autre manière de voir l’homme-araignée, davantage orientée humour que la série de Sam Raimi. Ce troisième reboot au cinéma est inspiré, en grande partie, par la branche Ultimate de la saga arachnide. Ce mercredi est sorti le second épisode.

Peter Parker (Andrew Garfield) a intériorisé son rôle de super-héros. Lors d’une poursuite contre Aleksei Sytsevitch (Paul Giamatti), il sauve Maxwell Dillon (Jamie Foxx). Celui-ci en fait son héros et se rêve comme étant son ami. Un accident dans la tour Oscorp va opérer en lui une double transformation, le rendant électrique et fou de rage. Electro est né. Pendant ce temps, Harry Osborn (Dane DeHaan), ami d’enfance de Peter, se bat avec une maladie génétique dégénérative. Le refus de l’araignée de lui fournir de son sang va le pousser dans ses retranchements. Empoisonné par du venin, il deviendra le Bouffon Vert. Tandis que Spider-Man veut protéger Gwen Stacy (Emma Stone), il va devoir faire front contre ses trois nouveaux ennemis.

Maxwell Dillo (Jamie Foxx) et Spider-Man (Andrew Garfield)

En contre-pied par rapport aux épisodes de Raimi, où Peter Parker avait pour trait principal d’être tourmenté par son état et ses nouvelles responsabilités, Marc Webb adopte un ton plus proche du matériel originel, renouant avec un homme-araignée ayant toujours un bon mot pour moquer ses ennemis. Un peu cabotin, le comportement de Spider-Man n’est qu’une façade destinée à donner plus de spectacle à ses admirateurs, à l’heure de l’hyper-médiatisation. Peter Parker est un homme plus sérieux, qui reste préoccupé, d’une part par le meurtre de ses parents, et d’autre part par le risque qu’il fait courir à sa bien-aimée. Transportant le spectateur du rire franc aux larmes, le réalisateur réussit une alchimie savamment dosée. Il y a de la gravité tout autant qu’il y a de l’amusement dans l’univers Marvel, et cela, Webb l’a bien compris. Hanz Zimmer adopte une bande-son bien pensée pour cette dichotomie. Elle est composée d’un coté, d’électro avec de grosses basses et des paroles scandées et gutturales, changeant de ton selon une chorégraphie parfaite ajustée aux différentes attaques, et de l’autre, de morceaux beaucoup plus léger, à la limite de la musique de cirque, pour accompagner les embardées comiques de notre héros.

Spider-Man (Andrew Garfield) et Harry Osborn (Dane Dehaan)

C’est d’ailleurs du côté des méchants que le monde Marvel est le plus fin. Il est rare que ce soit la nature profonde des ennemis qui les poussent à devenir mauvais. Ce sont bien souvent des victimes du système capitaliste, des oubliés, des invisibles, des marginaux. Le New-York de Spider-Man n’est pas un univers manichéen. Électro est un exemple flagrant. Maxwell Dillon est un employé talentueux d’Oscorp que sa timidité et son humilité, son effacement et sa gentillesse exacerbée, pousse à accepter toutes les humiliations de sa hiérarchie. Il n’en reste pas moins un produit de son époque, fasciné comme tant de ses contemporains par la célébrité fussent-elle facile. C’est pourquoi, employé opprimé dans une grande boite cotée en bourse, aseptisée et inhumaine, dont le conseil d’administration n’hésite pas à cacher sa mort, il finit tout simplement par craquer. C’est le cœur rempli de colère, humilié publiquement pour la dernière fois de sa vie, qu’Électron va emprunter le chemin du crime. Dans un autre monde, une planète sans télé-réalité et sans profits immodérés, il aurait été un fidèle allié de Spider-Man. La même constatation peut se faire pour Harry Osborn, fils abandonné par son magnat de père, qui reprenant les rennes de la multinationale familiale, aurait pu la moraliser un peu, si les actionnaires n’avaient pas fomenté un complot à son encontre, et détruit les recherches qui auraient pu le sauver.

Peter Parker (Andrew Garfield) et Gwen Stacy (Emma Stone)

Les comics, véritable cœur de la culture populaire américaine, ont toujours livré un instantané de la société occidentale. Et c’est parce que Webb, ainsi que les scénaristes Alex Kurtzman, Roberto Orci et Jeff Pinkner, n’oublient pas ces racines que cette nouvelle franchise est une réussite comique et rafraîchissante, sans délaisser la nécessaire seconde lecture sociale inhérente à ce genre.

Boeringer Rémy

Pour voir la bande-annonce :

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