Antoine Duléry fait son cinéma (mais au théâtre), un hommage brillant aux monstres sacrés du 7ème art


À Nice, le samedi 7 Juin 2014, Antoine Duléry a fait son cinéma. Après être resté quelque temps au Grand Point Virgule, Duléry entame une tournée en province dont les dates ne sont pas encore fixées. Il a gratifié le public niçois d’une première au Théâtre de Verdure dans le cadre des Nuits du Théâtre, festival gratuit. Ce fut un grand moment de théâtre, l’acteur oscillant entre anecdotes attendrissantes, imitations réussies et vannes biens senties, sur les grands acteurs qui peuplent son panthéon cinématographique.

Antoine Duléry se trouve à une soirée chez Fabrice Lucchini, et doit partir pour rejoindre sa femme. Arrive alors le cousin de Lucchini, Kévin, beauf de son état, et Fabrice supplie Antoine de ne pas le laisser seul avec l’énergumène. Duléry entame alors une série d’imitation pour occuper Kévin.

Antoine Duléry, est de ces acteurs dont l’on s’exclame : « Ah oui ! C’est lui ! ». Un second rôle récurrent que l’on voit souvent, mais dont on n’oublie le nom. Cette fois-ci, on se rappellera de lui, il occupe la scène de tout son talent d’imitateur et de comédien. Il a côtoyé les plus grands, tels Jean Marais et Jean-Louis Barrault qu’il connût, pour un petit rôle, dans Le Cid. Et dans ses rêves, qu’il analyse lui-même avec son psychanalyste, dont on ne sait par l’intermédiaire de Lucchini, s’il est freudien, lacanien ou bien clitoridien, il s’entoure également de Michel Galabru, de Philippe Noiret, de Patrick Dewaere et de Louis Jouvet, entre autres monstres sacrés. Imitant avec brio, chacun de ces derniers, il s’oblige parfois à les nommer, ce qui n’est absolument pas nécessaire tant il sait les rendre immédiatement reconnaissables. Avec tendresse, Duléry rend hommage à ses mentors, et à ses amis, à travers leurs traits les plus caractéristiques, et leurs manies. On éclate de rire, lorsque le comédien explique comment, deux soirs de suite, Barrault oubliant son texte, l’impute à sa démarche. Ou bien lorsque que Jouvet remet Lucchini à sa place, en lui précisant qu’il s’écoute surtout lui-même. Le même Lucchini exaltant de se faire remettre à sa place par le maître.Petite cerise sur le gâteau, Duléry s’adapte à son public, et se paye le luxe de se payer l’opéra Dreyfus, et la musique de Michel Legrand, dans une scène hilarante, où il mime les moments les plus niais du livret de Didier Von Cauwelaert.


Spectacle généreux, co-écrit par Pascal Serieis, dosant savamment hommages et moqueries, Antoine Duléry fait son cinéma (mais au théâtre) a reçu une ovation bien méritée, et Duléry est venu saluer son public accompagné de tous ses comparses imaginaires.

Boeringer Rémy

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