Transformers, l’âge de l’extinction… et si seulement?


Le quatrième épisode de la franchise Transformers,réalisé par Michael Bay, L’âge de l’extinction, illustre l’exact inverse de l’Amérique que nous célébrons à chaque sortie (ou presque) d’un film Marvel. Dans la plupart des productions issus de l’univers comics, la forme rejoint le fond. Ici, pas de doute, ce n’est pas le but, les comics inspirés par les Transformers n’ont été créés que pour faire la publicité de la marque de jouet Hasbro. À leur image, les films n’ont pas d’autres intérêts que de vendre du temps de cerveau disponible.

Les Autobots et les Decepticons sont pourchassés par les humains, sans distinction, depuis la destruction de Chicago. Alors qu’il chine dans un cinéma désaffecté, Cade Yeager (Mark Wahlberg), inventeur robotique désargenté, fait l’acquisition d’un camion qui s’avère être Optimus Prime (Peter Cullen). Au côté de sa fille, Tessa (Nicola Peltz), et de son petit-ami, Shane (Jack Reynor), Cade va devoir faire face à Harold Harttinger (Kelsey Grammer) et le « Cimetery Wind, groupe fantôme de la CIA travaillant à la fois pour une multinationale représenté par le chercheur Joshua Joyce (Stanley Tucci), et Lockdown (Mark Ryan), le chasseur de prime Decepticon.

Tessa Yeager (Nicolas Peltz) et Cade Yeager (Mark Wahlberg)

Inutile de chercher dans ce scénario séminale, le moindre décryptage possible sur un second degré de lecture. Les robots des deux bords passent leur temps à scander « Je vais te tuer, arghhh ». Et c’est à peu près tout ce qu’il se passe. L’intégralité des dialogues est insipide, et pour ainsi dire, pour rester dans le ton, terriblement cucu-la-praline. Si l’on cherche un tant soi peu à donner un sens à tous ça, on ne trouvera que placement de produits et misogynie dégoulinante. Ici, on fait de la pub pour une célèbre marque d’écouteur, ici pour une marque de lingerie, et bien sûr, partout, pour des marques de voitures. Le père, adulescent attardé, n’en garde pas moins le droit de décider de la vie de sa fille. Après tout, c’est le mâle dominant. On n’échappe pas non plus aux stéréotypes racistes puisque que l’on s’aperçoit vite, à Hong-Kong, que les Chinois savent se battre grâce à leur séculaire initiation aux arts martiaux. Même le chef d’entreprise véreux et vénale, cynique depuis le début du film, a des remords, et paie une nouvelle maison à notre héros qui le sert dans ses bras. Dans tout les cas, si la guerre «c’est pas bien », le film ne remet jamais en cause le commerce de l’armement. En somme, là où les blockbusters Marvel donne à voir une espèce humaine imparfaite où pointe justement des traces d’humanité, l’humanité « Transformers » est semblable à ces voitures rutilantes, seul l’apparence compte. Et pire que cela, on y célèbre son culte sans ciller. Bienvenue dans l’Amérique qu’on aime détester, l’Amérique misogyne, capitaliste, et sur-armée de Michael Bay. Le renfort et la surenchère d’effet visuels ne permet pas de sauver le film qui ne possède aucune âme. Rajoutons, une fois n’est pas coutume, que la 3D n’apporte rien. Et crions le, une bonne fois pour toute : non, une fenêtre qui se brise, ça n’explose pas!

Optimus Prime (Peter Cullen) sur un Dinobot.

Passez votre chemin, prenez les transports en commun, mais ne montez pas à bord de Transformers, l’âge de l’extinction. Megatron prédit une suite, puisqu’il a ressuscité. Nous, nous regrettons que le film ne respecte l’ambition de son titre, mettre fin au massacre. Replongez-vous plutôt dans la saga X-Men, ou les deux sagas Spider-Man.

Boeringer Rémy

Retrouvez ici la bande-annonce :

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3 commentaires

  1. Une suite toujours aussi puante d’impérialisme aveugle.

    Heureusement, la cible … le spectateur US, mord de moins en moins à l’hameçon. Bay obligé de se recycler en Chine, a viré sa cuti, se retrouve à collaborer avec l’ennemi mortel et crédible des USA dans 30 ans.

    Espérons que quelqu’un saura lui rappeler à ce moment là.

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