Le langage de l’Empire : petit lexique de l’idéologie étasunienne


Avec son dernier livre, Le langage de l’Empire, Domenico Losurdo, Docteur en philosophie et Professeur à l’Université d’Urbino en Italie, auteur de nombreux ouvrages sur l’histoire et la dimension philosophique de l’occident (Le Péché originel du XXème siècle aux éditions Aden ou Contre-histoire du libéralisme aux éditions La Découverte), mais aussi sur le mouvement communiste dont il est issu (Fuir l’histoire : la révolution russe et chinoise aujourd’hui aux éditions Delga/Le temps des Cerises ou Staline, histoire et critique d’une légende noire aux éditions Aden), analyse les termes de la novlangue (voir 1984 de Georges Orwell) et de l’idéologie dominante, toujours au service du plus fort, toujours au service de l’impérialisme dominant.

Café philo avec Domenico Losurdo

Riche de nombreuses citations de penseurs célèbres (Tocqueville, Arendt), mais aussi de dirigeants de premier plan (Theodore Roosevelt) ainsi que de coupures de journaux au-dessus de tous soupçons (International Herald Tribune, La Stampa), ce manuel de décryptage lexicologique de l’idéologie étasunienne explicite et analyse, chapitre après chapitre, l’origine et l’utilisation des termes de diabolisation, de mise à l’écart de l’humanité que sont : le Terrorisme, le Fondamentalisme, l’Anti-américanisme, l’Antisémitisme, l’Antisionisme, le Pro-islamisme, et la Haine de l’occident. Il finit par un résumé de l’utilisation de cette novlangue, d’Orwell à Obama.

Domenico Losurdo

Ces termes servent à désigner, tour à tour, les ennemis de l’Occident, mais aussi des nations occidentales exclues du cercle restreint de la Civilisation au grès des intérêts impérialistes. L’Allemagne nazie, qui se présentait en champion de l’Occident face aux hordes asiatiques considérait la France comme une « nation mulâtre », ne faisant plus partie de la Civilisation, de même que les Britanniques désignaient les Allemands comme des Huns, tribu sauvage et ennemi de cette même civilisation. Aujourd’hui ni l’Allemagne, ni le Royaume-Uni ne sont des impérialismes dominants, même si l’interventionnisme et les penchants néo-coloniaux sont toujours présents, ce sont les États-Unis qui s’érigent en champion de l’Occident et en représentant unique de la civilisation, décidant du même coup quelle nation et quelle autre peut prétendre faire partie de ce que dans nos médias, nous appelons la « Communauté internationale ». Ces termes utilisés dans les campagnes de diabolisation des ennemis de l’Empire étasunien perdent peu à peu de leur substance à force d’utilisations systématiques et récurrentes, mais ils servent, malheureusement avec encore une certaine efficacité. Malgré la révélation des mensonges destinés à préparer le terrain aux campagnes et aux interventions tout azimut de l’Occident, et plus particulièrement de son pays phare, les États-Unis.

Domenico Losurdo n’hésite pas à traverser les Alpes pour former les jeunes générations militantes

Ce livre plonge dans l’univers implacable des dirigeants de notre époque, gouvernements, lobbies, multinationales et dans les supports idéologiques qui portent le choix des mots. Par certain moment, les événements décris sont poignants, durs à digérés pour nous, occidentaux, pas vraiment habitués à voir le monde du côté des peuples du Sud. Mais cette piqûre de rappel est nécessaire et le combat anti-impérialiste passe aussi par la déconstruction idéologique d’un certain messianisme dont serait garant nos maîtres, dirigeants néo-conservateurs étasuniens en tête.

Thomas Waret

Petit intervention de Domenico Lozurdo sur l’histoire du Troisième Reich :

Partie 1 :

Partie 2 :

Publicités

5 commentaires

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s