A la fête de l’Humanité 2014, on célèbre la fraternité en musique!


Du 12 au 14 Septembre 2014 s’est tenue la Fête de l’Humanité au parc départemental de La Courneuve, en Seine-Saint-Denis. La Fête de l’Humanité, c’est bien entendu la fête du journal communiste fondé par Jaurès, mais comme le journal, jamais fête n’a aussi bien porté son nom. Petit tour d’horizon du seul festival français qui met l’humain au cœur de ses préoccupations.

La fête de l’Humanité est avant tout un grand moment de partage, de rencontres et de discussions entre tous les progressistes français, communistes en tête. On trouvera ainsi quasiment toutes les fédérations du Parti Communiste Français tenir un stand, où autour d’une collation inspirée de la gastronomie locale, on pourra refaire le monde, et prendre contact pour se renforcer. Dans le village du monde, on peut aller à la rencontre des progressistes du monde entier. Venus des quatre coins du monde, ceux qui pensent qu’un autre monde est possible se donnent tous rendez-vous à la Fête de l’Humanité. C’est ainsi qu’on peut assister à un débat animé par un membre du Mouvement des Sans-terre, au stand de Granma, le journal cubain. Où bien, discuter de l’avenir de la lutte avec des membres du Sinn Féin irlandais, branche politique de l’Irish Republican Army. Parce qu’à la fête de l’Humanité, on n’a pas peur de soutenir et de côtoyer les révolutionnaires de tous les pays. Au diable le langage de l’Empire qui en fait des terroristes, c’est une vent de liberté qui souffle sur la fête !

Le stand de Granma

Le stand de Granma, au cœur du village du monde

On fera un tour au salon du livre où les plus grandes maisons d’éditions ouvertes aux idées de gauches exposent. Et peut-être aura-t-on la chance d’obtenir une dédicace de Pef, qui a bercé notre enfance avec Le prince de Motordu, ou d’Annie Lacroix-Ruiz, passionnante historienne qui prendra le temps d’approfondir avec nous son sujet, notamment son travail exceptionnel sur la propagande anticommuniste encore à l’œuvre dans les universités, une histoire contemporaine sous influence. Enfin, au hasard d’une allée, on pourra aller à la rencontre d’un leader de la gauche. Tout politique progressiste se respectant viendra saluer la foule, et participera à un débat.

Pef, auteur du Prince de Motordu

La fête de l’Humanité, c’est aussi un grand festival de musique, rendant accessible à un prix dérisoire, plus de 18 têtes d’affiches sur trois jours. Vendredi,on a pu participer au concert d’Alpha Blondy sur la grande scène. L’ivoirien, ambassadeur de la paix en côte d’Ivoire, a mis le feu sacré à la pelouse. Alpha Blondy chante en hébreu, en arabe, en anglais, en français… De quoi mettre tout le monde d’accord sur son message de paix universaliste. Au cœur des préoccupations de tous, la situation à Gaza est aussi dans le cœur du reggae-man ivoirien. Il appelle à continuer la mobilisation pour une paix juste et durable au proche-orient.

Alpha Blondy

Samedi, on pouvait retrouver Les Ogres de Barback pour fêter avec eux leurs vingt ans de scène. Les aventuriers-chansonniers, fidèles à leur image de troubadours sans concessions, nous amènent avec eux sur les routes avec la fanfare béninoise Eyo’nlé. On part dans un voyage féerique, où la célébration de l’amour bohème est omniprésent, bercé entre les cuivres africains et les cordes tziganes. Les quatre frères et sœurs offre une tribune aux intermittents à chacune de leur représentations. Le poing levé, la foule entière entend avec émotion leur appel. On ressort du concert revigoré convaincu que bientôt « les flics auront du boulot car tous les vagabonds parlent de révolution ».

Les Ogres de Barback sur la Grande Scène

Les Ogres de Barback sur la Grande Scène

Un autre anniversaire se fête cette année. Voilà vingt ans qu’IAM avait joué son premier concert à la Fête de l’Humanité. Les voilà qui font un retour fracassant. Le groupe de rap français mythique accueillait en première partie la Gazateam, Médine et Kerry James ainsi que HK et les saltimbanques. Si HK nous a resservi « On lâche rien » devenu l’hymne de nos dernières manifestations supplantant presque Le chant des partisans version Zebda, Médine a joué son morceau le plus bouleversant : Les enfants du destins, véritable pièce de maître où le rappeur prouve son talent de conteur en nous plongeant au cœur du drame humain qu’est le conflit israélo-palestinien. Kerry James n’a pas non plus ménagés nos petits cœurs tendres avec Banlieusards qui parlera à tous ceux qui ont galéré ou galère encore, banlieusard ou pas. Pour en revenir à IAM, le groupe a joué quelques titres de son dernier album couplés à ses plus grands titres. Offrant un spectacle de haute volée, DJ Khéops a pris la peine de remixé les morceaux les plus connus faisant, avec brio, du neuf avec du vieux. Dans la fosse, pari réussi pour IAM qui arrive toujours à faire Bouger la tête. On avait fait une rétrospectif après l’annonce de la fin du groupe l’année dernière. Depuis les lignes ont bougé, Def Jam a resigné IAM pour deux albums de plus. La garde meurt mais ne se rend pas.

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IAM sur la Grande Scène

Tête d’affiche de la fête, le groupe de Hard-Rock allemand Scorpions aura poussé la grande scène dans ses retranchements. Avec trente minutes de retard, le groupe avait mis les spectateurs sous tensions. Il aura fallu l’énergie intacte des rockeurs sexagénaire pour faire oublier à tout le monde, les courbatures et le froid. Toutefois, certains morceaux repris à l’envie par le groupe se sont un peu éternisés doublant, voir triplant leur durée comparée aux versions album. Le concert se termine sur Wind Of Change, hymne célébrant la chute du mur de Berlin, comme quoi les communistes ne sont pas rancuniers.

Scorpions sur la Grande Scène.

Scorpions sur la Grande Scène

Sur la scène des pays du Nord, on pouvait retrouver dimanche, juste avant le grand meeting de Patrick le Hyaric, Frédéric Fromet, le troubadour trublion de la chanson française. Fromet, avec des textes ciselés au couteau, n’hésite à égratigner personne. Tout le monde en prend pour son grade, y compris, forcément les visiteurs de la Fête de l’Humanité qui sentent « la frite et la merguez ». Et en plus, le merle moqueur se permet de déclarer « Je suis plus de gauche que vous ». Hilarité générale, comme quoi les communistes savent faire preuve d’auto-dérision. Devant la petite scène, la foule se masse pour apprécier les jeux de mots et rire à gorges déployées. Le bonhomme ne paie pas de mine mais recèle bien des trésors linguistiques.

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Frédéric Fromet à la scène des Pays du Nord

Juste avant de partir, direction la grande scène, à nouveau. Pour la huitième fois, Bernard Lavilliers squatte la Fête de L’Humanité. Juste après le meeting, le public lessivé par trois jours intenses attend le début du concert allongé dans l’herbe. Mais le reggae teinté de lutte des classes de Lavilliers impose de se lever. Son reggae, c’est le plus belle hommage à la Fête. Il ressuscite Cendrars, Férré, Kipling et bien sur Aragon. Histoire de dire que Y’a pas qu’à New-York que le sort du monde se joue, mais qu’il est aussi dans les mains de tous les militants et futurs militants qui ont oeuvré à l’organisation de la fête. Et bientôt, chargés d’audace, riches de nouvelles rencontres, on repartira On The Road Again.

Boeringer Rémy

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