John Wick, justicier torturé et imaginaire comics


Chad Stahelski, l’un des principaux cascadeurs ayant remplacé Keanu Reeves (notamment dans Point Break et Matrix Reloaded), s’associe à David Leitch, également voltigeur, pour coréaliser leur premier film, John Wick. En vertu de leur amitié de longue date, l’acteur canadien était une évidence pour incarner cet ancien malfrat repenti que la vengeance remet sur les rails. Loin d’être une mauvaise surprise, John Wick sentait bon le nanar et ne déçoit que sur cet unique point. C’est en réalité une sacré bonne série B à la réalisation soignée et à la photographie léchée en teinte de gris bleutés. Pour couronner le tout, on y retrouve une belle brochette d’acteur que l’on prendra plaisir à reconnaître, issus de série aussi culte que The Wire (Lance Reddick) ou Game of Thrones (Alfie Allen).

À New York, John Wick (Keanu Reeves, que l’on a vu l’année dernière dans 47 Rônin), ancien malfrat retiré du circuit criminel, n’est plus que l’ombre de lui-même depuis la mort de sa femme, des suites d’une longue maladie. Cette dernière lui offre un chien pour qu’il continue de vivre en s’occupant de l’animal en souvenir d’elle. Un soir, Iosef Tarasov (Alfie Allen), fils du parrain de la pègre fait un casse chez lui pour voler sa voiture et tue son chien. Son père, Viggo Tarasov (Michael Nyqvist que l’on avait vu dans un tout autre rôle dans La ritournelle) s’inquiète rapidement de cette affaire et pour protéger son fils met un contrat sur la tête de Wick. De son côté, aidé par son frère d’arme Marcus (Willem Dafoe) et Winston (Ian McShane que l’on avait vu pour le coup dans le vrai nanar Hercule) , un gérant d’hôtel très particulier, John Wick entame une incroyable chasse à l’homme.

John Wick (Keanu Reeves)

Si les quartiers de New-York sont cités, les vues aériennes nocturnes et les rues toujours filmés un jour pluvieux donne à la ville où évolue John Wick des faux airs de Gotham City. Dans le même ordre d’idée, le dégradé de gris qui prend place dans la discothèque, ponctué de couleurs rappelle Sin City. John Wick joue avec ces influences sans jamais les plagier, en les diffusant comme une arrière-pensée, réussissant à créer une véritable identité visuel au film. Dans cet atmosphère délétère, le duo de réalisateur prend le temps de laisser démarrer les choses avant que les événements finissent par s’enchaîner dans un cycle de violence toujours renouvelé. Cela contribue un peu plus à faire de la ville, un personnage à part entière, reflet de la corruption qui fatalement rattrape ceux qui tentent d’y échapper, de s’y soustraire. John Wick n’est pas rattrapé que par son passé, la ville grise et sinistre le happe tout autant.

Viggo Tarasov (Michael Nyqvist)

Nous parlions de Sin City ou de Batman. Bien que John Wick ne soit pas inspiré d’un comics à succès, chaque pore de la peau de Wick transpire la référence à cette univers. Nous le disions, tout d’abord par son aspect graphique. Mais c’est aussi à travers le personnage de John Wick. C’est un antihéros si typique de la contre-culture américaine, un justicier sombre et tourmenté que seul son destin tragique maintient dans l’aventure. Comme beaucoup d’héros de bandes-dessinée, il hésite continuellement entre son combat et une sérénité retrouvée. Comme tant de justicier, il semble invincible mais montre temporairement des faiblesses qui le rendent plus proches de nous. Le monde dans lequel évolue John Wick est régie par des codes précis distillés ici et là et qui donnent une véritable consistance à son environnement. Derrière chaque personnage secondaire, on devine que l’on pourrait bifurquer pour un spin-off. Enfin, dans la plus grande tradition, un humour feutré habite l’œuvre dans chaque recoin. La renommée qui précède John Wick est à la fois diablement comique si l’on considère la peur qu’il instille chez ses ennemis et terriblement classe.

Iosef Tarasov (Alfie Allen)

John Wick est le petit film qui deviendra culte pour tous les amateurs de comics et bande dessiné policière. Keanu Reeves est juste parfait dans ce rôle. Pour un acteur souvent raillé pour son manque d’expression, on s’étonne du nombre de petits bijoux de genre dont il est l’acteur principal. Encore une fois, Reeves ne nous a pas déçu et reste pour nous un génie méconnu.

Boeringer Rémy

Pour voir la bande-annonce :

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