Hunger Games : La révolte (Partie 1), ressentir l’injustice au plus profond de son coeur


Nous n’allons pas cacher notre joie, chez la Graine, on attendait avec impatience la sortie d’Hunger Games : La révolte (Partie 1) de Francis Lawrence. Parce que Jennifer Lawrence a prouvé qu’elle était une grande actrice chez David O. Russell (Happiness Therapy et American Bluff) et a porté haut les germes d’une révolte salutaire dans Hunger Games : L’embrasement. Parce que Josh Hutcherson nous a bluffé dans Paradise Lost. Parce qu’Hunger Games est très loin de se limiter à une pauvre saga pour adolescent type Twilight et se distingue de plus en plus comme une véritable critique pas si dystopique que ça de notre propre monde. Après avoir mis une claque impérieuse et nécessaire à la société du spectacle, à l’immonde télé-réalité, à la marchandisation des corps (voir la critique du deuxième épisode), la série se tourne maintenant vers l’affrontement fatal. Après avoir posé les failles du système et son inhumanité, il s’agit de le combattre. Bienvenue au district 13.

Katniss Everdeen, sauvé de l’arène par les rebelles du district 13 se réveille à l’hôpital. Elle est très vite sollicitée par la présidente Alma Coin (Julianne Moore, incroyable dans Maps to the stars de David Cronenberg) pour devenir l’égérie de la propagande des révolutionnaires. Elle va devoir revêtir à nouveau le costume du geai moqueur. Pendant ce temps, Peeta Mellark (Josh Hutcherson) est retenu au Capitole sous la garde du chien de garde Ceasar Flickerman (Stanley Tucci) qui le manipule et diffuse des interviews de propagande.

Katniss Everdeen (Jennifer Lawrence)

Au début du film, Katniss Everdeen est anéantie lorsqu’elle apprend que Peeta n’a pas été délivré. Focalisée sur son ressenti personnel et sa détresse, elle n’est pas ouverte pour se lancer tête baissée dans la révolution. Elle accepte néanmoins d’aller visiter le district 12 qui a été puni par le Capitole. C’est une effroyable révélation. Il n’y a ici que ruine et désolation, il n’y a plus âme qui vive. Dans l’artère principale, Katniss peut constater le massacre des civils qui semblent comme carbonisés alors qu’ils fuyaient. La scène n’est pas sans rappeler l’usage du napalm par les Américains au Nord-Vietnam. Il nous vient en tête cette terrible photo de Nick Ut Cong Huynh, de cette route bombardée malgré la présence d’enfants et de réfugiés civils. Ce que défendait les G.I là-bas est exactement ce que défend le Capitole dans Hunger Games, un système inique d’exploitation mis en danger par des révolutionnaires. Avec une colère exacerbée et une soif de justice, Katniss va alors accepter de devenir un symbole pour les clips de propagande révolutionnaire.

Plutarch Heavensbee (Philip Seymour Hoffman, mort en début d’année et à qui le film est dédié) et Alma Coin (Julianne Moore)

Il y a plusieurs types de héros. Il y a ceux de l’Histoire officielle, ceux des vainqueurs, souvent des pantins articulés, tels Peeta qui, sous pression, renie à la télé d’État, tout ce en quoi il croit. Il faut, pour les propagandistes officiels, créer des légendes, déformer et instrumentaliser la vérité. Et il y a le geai moqueur, il y a Katniss Everdeen. Sa principale force, c’est bien à l’image de Che Guevara d’être « capable de ressentir au plus profond de son cœur n’importe quelle injustice commise contre n’importe qui, où que ce soit dans le monde. » C’est cette saine révolte qui la porte et sa renommée la précède et la dépasse. Si elle accepte de tourner des clips de propagande, elle ne le fait qu’en situation réelle, sur le terrain et non pas dans le salon feutré d’un palais présidentiel. Ne nous y trompons pas, il est clair que l’univers d’Hunger Games prend sa place dans une logique de classe. Au Capitole, dans sa forteresse d’airain vit la bourgeoisie qui exerce sa domination en exploitant le travail des citoyens des districts, tous membres d’un différents corps de métiers. C’est cela que cherche à détruire la rébellion qui mène une véritable révolution prolétarienne. Il n’est pas rare qu’une œuvre de science-fiction s’aventure dans ce domaine, le mérite d’Hunger Games est d’en avoir fait une œuvre grand public sans compromettre son message.

Peeta Mellark (Josh Hutcherson)

Cassant un peu le rythme de la saga avec cet épisode centré sur la bataille propagandiste des deux bords, Hunger Games : La révolte (Partie 1) n’en est pas pour autant un épisode inutile où il ne se passerait pas grand-chose pour la simple et bonne raison que dans Hunger Games, le fond demeure aussi important que la forme. Nous attendons avec impatience le dernier épisode, espérant qu’après la pratique, cet ultime opus se laisse déborder par le lyrisme et l’héroïsme révolutionnaire que nous attendons tous.

Boeringer Rémy

Pour voir la bande-annonce : [www.youtube.com/watch?v=g37VbXp5gHI]

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