[Avant-première] David Bowie Is un véritable évènement cinématographique !


David Bowie Is est la troisième exposition filmée que nous chroniquons et restera pour nous comme la plus marquante. Le réalisateur Hamish Hamilton, habitué à filmer des concerts a ici réussi un véritable exploit : donner à une exposition muséographique une rare intensité à l’écran. L’exposition temporaire a été créé au Victoria and Albert Museum de Londres, musée nationale de l’art et du design. Depuis le 3 mars, et jusqu’au 31 mai, celle-ci est transportée à la Philharmonie de Paris. Le 12 mars, le documentaire la retraçant a été diffusé en avant-première dans les cinémas Pathé-Gaumont.

David Bowie Is retrace la carrière de David Bowie à travers ses archives personnelles. L’artiste a prête à cette occasion les plus fameux de ses costumes de scènes, les pages manuscrites de ses textes, les story-boards de ces clips et un tas d’autres objets assez insolites. Le documentaire, suivant l’évolution de l’exposition, revient sur ses débuts, son rôle précurseur sur la scène rock, sa carrière cinématographique et ses aspirations artistiques démesurées.

La tenue de David Bowie pour sa première apparition à la télé dans l’émission Top of the pops.

David Bowie Is prend plusieurs aspects. Pour commencer, on se ballade dans les allées du Victoria and Albert Museum en compagnie des organisateurs de l’exposition. Figés dans les salles, les visiteurs semblent devenus eux-mêmes des pièces de l’exposition, témoins du temps qui passent et d’une carrière protéiforme. À partir de 1964, il fonde plusieurs groupes éphémères mais déjà, ils possèdent un sens aigu de la mise en scène comme en témoigne les affiches qu’il a lui-même créé pour chacun de leur concert. C’est sa rencontre avec Lindsay Kemp, homme de théâtre, qui va le pousser à apprendre le mime et à développer une scénographie de plus en plus poussée sur scène. Sur ce point, comme sur d’autres, véritable hagiographie, David Bowie Is semble réalisé par des fans en furies. Si l’on ne peut pas nier que Bowie fut à lavant-garde dans ce domaine, David Bowie Is l’évoque comme étant le seul. C’est oublié qu’exactement à la même époque, Peter Gabriel, chanteur de Genesis, arbore les tenues les plus extravagantes et que les albums concepts des Beachs Boys, des Beatles ou bien des Who sont déjà sortis avant que Bowie ne pense à inventer le personnage de Ziggy Stardust.

Sortie le même jour du premier album de Bowie à la couverture conservatrice et de Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band très psychédélique.

Idée intelligente et généreuse, David Bowie Is fait une belle place au manuscrit de Bowie. Ainsi, les spectateurs se retrouvent à lire les paroles originales, parfois raturées, en même temps que la chanson déroule sa trame. Cette manière de nous rapprocher du processus créatif est particulièrement prenante car l’écriture enfantine de Bowie le rapproche de nous. À propos du processus créatif de l’artiste, des explications étonnantes sont faites, comme ce jeu de carte que la vedette utilisa un temps pour relancer sa créativité, un jeu composé de carte proposant par exemple aux musiciens de changer d’instruments. On apprend également que Bowie utilisa, dans les années 80, un logiciel permettant de mélanger des mots pour créer des phrases aléatoires. Plusieurs esquisses de chansons furent trouvés de cette manière. S’accompagnant des plus grands créateurs, notamment Kansai Yamamoto, pour les costumes de scènes et de vidéo-clip, les multiples esquisses de Bowie prouvent toutefois qu’il a toujours désiré orienter fortement et gardé le contrôle sur l’entièreté de son œuvre. C’est bien davantage de ce côté-là qu’il faut chercher le véritable apport de Bowie qui comprit très tôt l’importance d’offrir une œuvre multisupport. N’oublions pas que Bowie a également eu une belle carrière au cinéma et dans sa filmographie certains films auront sûrement marqué nos lecteurs, en particulier Labyrinthe de Jim Henson et L’homme qui venait d’ailleurs de Nicolas Roeg.

Petit florilège de tenues de scènes.

Agrémenté de clip, de vidéos de concerts inédites, d’interview de l’artiste, David Bowie Is manque malgré tout d’une intervention de David Bowie lui-même. Ce qui est assez paradoxal étant donné la maîtrise totale de son image que souhaite le show-man. Malgré cette absence, les commissaires de l’exposition, derrière lesquels ont devine de véritables groupies, nous offrent un show incroyablement dense et complet, véritable réussite cinématographique. Le documentaire sera à nouveau diffusé le 1er juin 2015 à 20h en guise de rattrapage pour les retardataires, notamment ceux qui n’auront pas assisté à l’exposition en chair et en os.

Boeringer Rémy

Retrouvez ici la bande-annonce :

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