[Direct-to-video] Jessabelle, l’éternel recommencement


Blumhouse Productions oscille, comme toujours, entre génie et médiocrité. Les producteurs du merveilleux et intense Whiplash sont aussi les piètres promoteurs de la saga Paranormal Activity. Avec Jessabelle de Kevin Greutert, sortie le 25 juin uniquement en vidéo, Metropolitan Films (que vous pouvez retrouvez sur Facebook) ne propose pas le best-of des films horrifiques de 2015. Loin s’en faut, le réalisateur de Saw 6 et Saw 3D livre une énième resucée des mêmes thèmes sans apportez de sang neuf à un genre qui en a bien besoin.

Après avoir vécu un terrible accident l’ayant rendu paraplégique et dans lequel elle a perdu son enfant, Jessabelle (Sarah Snook) retourne vivre chez son père Léon (David Andrews), en Louisiane, près du Bayou. Alors qu’elle retrouve des VHS enregistrées par sa mère Kate (Joelle Carter), une sombre présence va se manifester dans la grande et froide demeure.

Jessabelle (Sarah Snook)

Il est difficile, il est vrai, d’innover dans l’aspect graphique des que l’on touche à l’horreur cinématographique. Et il faut rivaliser d’ingéniosité scénaristique pour offrir quelque chose de nouveau. Des films comme It follows ou Mister Babadook y ont fort bien réussi récemment en développant des univers fantasmagoriques très personnels. C’est bien de personnalité que manque Jessabelle. En effet, le long-métrage recycle des effets vus et revus sans aucune originalité. On notera l’eau qui noirci dans le bain, les vidéos souvenirs livrant des indices, la double personnalité et les inévitables secrets de famille, parmi tant d’autre clichés, ainsi que, bien sur, les références maladroites à une culture mal comprise (ici le vaudou, interchangeable avec la culture amérindienne ou tout autre culture minoritaire). Vous me direz que l’usage référentiel est inévitable et peut-être compris comme une forme d’hommage ou de rénovations. Malgré tout, il s’apparente malheureusement souvent à la paresse des industriels du cinéma plutôt qu’à un témoignage artistique. Seul petit point positif, il faut avouer que, pendant un temps, Greutert arrive à masquer l’enjeu final. Ce qui sauf le film de l’ennui qui nous assaille devant tant de banalités.

Le fantôme (Amber Stevens) et Jessabelle (Sarah Snook)

Précisons également qu’il vous faudra oublier les voix françaises et vous penchez sur la version originale tant le jeux déjà pas folichon des acteurs en pâtit sévèrement.Le blu-ray propose des scènes coupées qui illustrent parfaitement l’autocensure du milieu. Pour faire simple, toutes les scènes gores et à caractères sexuelles ont été ôté du montage. Un comble quand on sait que ce que ne permet pas l’exploitation en salle est tout à fait concevable sur le marché de la vidéo, à fortiori parce qu’il reste un espace de liberté non sujet aux pressions des exploitants. Déjà assez insipide, Jessabelle vidé de ces éléments plus osés le devient réellement. Passons sur l’inévitable bêtisier qui ne fera rire que les protagoniste de celui-ci pour nous pencher sur le petit documentaire intitulé Au cœur du bayou qui revient sur le tournage. Sans s’en rendre compte, Mark Webber qui incarne Preston, un ami d’enfance de Jessabelle, confirme ce que l’on avançait plus haut. Il raconte qu’il a apprit pendant le tournage que le vaudou est plus complexe que l’image qu’en on laissait au cinéma et semble le regretter. C’est pourtant exactement ce que fait Jessabelle qui se penche peu sur le véritable vaudou si ce n’est en utilisant de vraies chansons dans sa bande originale. Enfin, rions peu avec ceux qui verront le film mais Webber se vante d’avoir accompli de vraie cascade éprouvante comme, par exemple, de porter l’actrice (sic). Il est peut-être caché dans ce reportage, le véritable bêtisier.

Jessabelle (Sarah Snook) et Preston (Mark Webber)

Nous qui affirmons haut et fort le contraire habituellement et qui regrettons souvent que de grands films n’ait pas la chance d’une sortie en salle, ferons une exception pour Jessabelle qui a toute sa place dans les bacs et ravira sûrement, soldé pour les fêtes de fin d’année, les amateurs d’horreur à la petite semaine.

Boeringer Rémy

Retrouvez ici la bande-annonce :

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