Renaissances, la science musclée n’encourage pas toujours la fiction


Renaissances, le septième film de Tarsem Singh est exactement le film de science-fiction apte à devenir le film fétiche de n’importe quel adolescent mais dont nos cœurs de cinéphiles n’auront pu s’empêcher, malgré une technique irréprochable, de souligner les petits défauts scénaristiques. Loin de révolutionner le genre, ni même d’y apporter un peu de fraîcheur, Renaissances n’en reste donc pas moins très agréable à regarder.

Damian Hale (Ben Kingsley que l’on a vu dans La stratégie Ender et Exodus : Gods and Kings/Ryan Reynolds que l’on avait fort apprécié dans Captives puis dans The voices), un homme d’affaire fortuné atteint d’un cancer, est contacté par une firme mystérieuse, le groupe Phénix pour tenter une expérience inédite : renaître dans un nouveau corps.

Damian Hale (Ben Kingsley)

Dans la grande tradition du genre, sans contradiction avec notre propre monde, Renaissances décrit un monde où les plus grandes avancées médicales reste l’apanage des plus riches. Par cupidité, une firme qui pourrait être n’importe laquelle des grandes entreprises pharmaceutiques mondiales acquiert les compétences pour transférer une conscience d’un corps à un autre et, bien sur, décide de garder secret le miracle pour ne l’offrir qu’à d’argenté client. Sans tomber dans le complotisme, on sait tout de même que la recherche imbécile du profit prime pour toutes les recherches lancées par le secteur privée et prive ainsi la médecine d’un avancement plus rapide. Trop occupé à lancer de nouveaux moyens de rendre votre rhume plus résistant de manière à vous prescrire des médicaments de plus en plus puissant, les requins de la finance sanitaire délaisse la recherche contre le VIH ou le cancer. Tout simplement parce que soigner les gens définitivement ne rapporte pas d’argent. Et cela, en ce qui concerne spécifiquement le film, Damian Hale le sait bien, c’est un requin de l’immobilier qui a fait fortune en écrasant son adversaire et en délaissant sa famille, notamment sa fille Claire (Michelle Dockery qui a participé au passable Non-Stop).

Albright (Matthew Goode que l’on a vu dans Imitation Game)

Et l’on touche les principaux défauts du film, son manque d’originalité et une avalanche de bon sentiments en cascade au milieu d’une intrigue qui méritait bien plus de noirceur. Vous devinerez facilement qu’une offre aussi attrayante possède des vices cachées et si l’on force tant le trait sur les mauvais côtés du héros que celui-ci va connaître une certaine rédemption. Et vous auriez raison, rien de nouveau au soleil. Par conséquent, Renaissances jette un coup de pied dans la fourmilière pour aussitôt y mettre un coup d’insecticide. C’est comme cela que l’on rend une idée intéressante totalement vide de sens : en la vidant de sa complexité. Ici, le vieux Damian est un sale type, le jeune est un brave type. Il n’y a pas de place pour les zones d’ombres de sa psyché. Singh aurait pu créer les conditions d’un vrai thriller psychologique et sondait les tréfonds des rapports de l’homme avec sa propre mort. Il se contente finalement d’habillé le vide du propos par une mise en scène léchée mais plaisante. Les problématiques sociologiques sous-jacents, la dichotomie rente/travail, sont vite relégués au second plan pour ne devenir que des arguments scénaristiques. Le semblant de discours politique sur la folle puissance sans contrôle des élites financières se muent en combat musclé contre un savant fou.

Madeline (Natalie Martinez) et Damian Hale (Ryan Reynolds)

Renaissances est finalement un film d’action réussi, assortis des traditionnels pathos émotionnels, réalisés sans trop de gnangnan, mais une piètre leçon de science-fiction.

Boeringer Rémy

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