[DVD] Jusqu’au dernier, plongée dans le vide télévisuel


Si l’on devait établir un top séries, ce que nous nous garderons de faire, Jusqu’au dernier ne serait pas en première place des meilleures séries TV. Loin de là. Jusqu’au dernier, Mikaël Ollivier, le créateur et François Velle, le réalisateur, semble vouloir se débarrasser du public autant que de l’intrigue. Nous nous sommes infligé prêt de six heures de ce programme, sorti sur France 3 et diffusé en DVD depuis le 1er Juillet 2015 par Koba (retrouvez ici leur page Facebook).

Alors que Fred Latour (François Feroleto) s’apprête à fêter son anniversaire en famille, il tombe du toit et se blesse mortellement. Consternées et horrifiées, son épouse Karine (Valérie Karsenti), sa mère Hélène (Brigitte Fossey) et sa fille Sibylle (Flore Bonaventura que l’on a aperçu dans Casse-tête chinois) appellent la police. L’enquête des inspecteurs Leclerc (Michaël Abiteboul) et Magnier (Lionnel Astier que l’on a vu dans Prêt à tout) s’oriente rapidement vers une piste criminel et écarte la piste du suicide.

Karine (Valérie Karsenti), Sybille (Flore Bonaventura) et Hélène (Brigitte Fossey)

Bien que promue par la chaîne à travers la présence de François Velle, réalisateur français de la série américaine Bones, on sent cruellement la différence de moyen et la direction artistique à l’opposé. Jusqu’au dernier compile à la fois tout ce qu’il ne faut pas faire dans un bon polar et les pires travers de la fiction télévisuelle française. Premier défaut, et non des moindres, vous en jugerez vous-même, les deux premiers épisodes sur six dévoilent déjà quasiment tous les tenants et aboutissants. Très rapidement, le cocktail sulfureux d’hommes d’affaire peu scrupuleux et d’un homme politique véreux ne laisse que peu de doute sur les commanditaires. Le reste de l’intrigue, reposant sur les motivations, peu passionnantes des différents protagonistes ne passionnera pas dans les chaumières. Il y a un risque majeur à dévoilé rapidement les coupables, en tout cas à les rendre trop évident, celui de perdre l’attention du public. N’est pas Columbo qui veut. Si vous rajoutez à cela un casting à couper au couteau dont les acteurs semblent avoir appris le métier sur le tournage d’un épisode d’Amour, gloire et beauté. La palme revenant à Brigitte Fossey qui joue si mal que l’on se demande parfois si elle a été doublée. On s’étonne encore une fois de la longévité de sa carrière qu’elle a dynamité en multipliant les rôles de seconde main à la télévision.

Charles Teysson (Jean-Claude Bouillon) et Hélène (Brigitte Fossey)

Autre point tout à fait irritant, Jusqu’au dernier pour plaire aux plus grand nombre, ou du moins à ce que les producteurs considèrent être l’électeur moyen, multiplie les clichés, parfois avec une véritable bienveillance envers les comportements détestables des personnages. Déjà que l’on a du mal à s’intéresser au destin de cette famille bourgeoise et coincée, cela n’arrange rien. Le déroulement du temps étant très mal mis en scène, on doute, mais il semble déjà que la femme et la fille se remettent très vite du meurtre. Des placebos scénaristiques tentent de rattraper cet effet à posteriori en forçant sur les larmes de crocodiles. Dans le genre clichés, on trouve pêle-mêle, la bourgeoise coincée en quête de frisson, l’adolescente rebelle, le petit-ami de celle-ci qui est forcément un malfrat, un élu corrompu, une vieille femme d’affaire couguar, des secrets de famille ridicules et, cerise sur le gâteau, une paire de flic réactionnaire faisant de petites blagues racistes ou poujadiste de temps à autre, comme ça, l’air de rien, qui se paie même le luxe de balancer de temps à autre des statistiques sur le mode de l’humour mais que le badaud prendra pour aussi sur que s’il l’avait lu dans Le nouveau détective ou Le figaro. D’ailleurs pour séduire le beauf, on se paie aussi une scène totalement inutile, juste là pour se rincer l’œil, où Sibylle déambule, hagarde et en sous-vêtement, dans la garrigue. N’en jetez plus, la coupe est pleine.

L’inspecteur Magnier (Lionnel Astier) et Hélène (Brigitte Fossey)

D’un ennui profond, joué par des acteurs aux abonnés absent, Jusqu’au dernier, dont le scénario aurait tenu en une heure trente prolonge notre souffrance pendant près de six heures qu’il fallait bien regarder à la télé, fatigué après une grosse journée de travail et le cervelet sur off pour pouvoir l’apprécier.

Boeringer Rémy

Pour voir la bande-annonce :

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