Pan, l’imaginaire enfantin relégué au pays des rêves…


Le dernier film de Joe Wright nous emmène au Pays Imaginaire. Vingt-quatre ans après le chef d’œuvre Hook, Pan tente de marcher sur ses pas. L’idée de donner une préquelle au Peter Pan de Walt Disney après la séquelle inoubliable de Spielberg n’était pas une mauvaise idée en soi. Seulement, il est toujours difficile de trouver l’équilibre entre nouvelle vision et répétition monocorde. Un défi auquel Pan ne rend pas honneur. Malgré quelques bonnes idées, le film laisse surtout un goût d’inachevé.

Pendant la seconde guerre mondiale, Peter Pan (Levi Miller II) est un orphelin parmi d’autre dans le Londres bombardé par la luftwaffe. Intrigué par la none dirigeant son orphelinat (Kathy Burke), une vraie marâtre, il mène l’enquête. Avant d’avoir pu résoudre l’affaire, le voilà kidnappé par les pirates du Pays Imaginaire. Peter Pan ( Levi Miller II)

Pan s’aventure donc sur les chemins casses-gueules de la énième réinterprétation d’un classique. Certain s’y sont cassé les dents. On pense notamment à La belle et la bête. Pour se différencier, sans sentir le réchauffé, il faut faire preuve de beaucoup d’ingéniosité et d’un certain génie scénaristique. Joe Wright a œuvrer dans le premier point avec plus de facilité que le second. Avec l’aide de John Powell qui signe une bande originale très présente mais très futée, il nous offre quelques très bonne surprise, à même de parler, comme une madeleine de Proust, à ceux qui ont grandi à l’époque de Hook. On pense évidemment à l’entrée géniale de Barbe Noire (Hugh Jackman que l’on a vu dans X-Men :Days of the future past et Chappie) sur Smell Like Teen Spirits de Nirvana, interprété par lui-même et par le cœur des enfants figurants logés dans les fosses d’une mine sordide. L’univers graphique est également poussée, dépoussiérant le Royaume Imaginaire, avec un travail réel sur les contrastes et sur l’aspect onirique de ce domaine enfantin. Une embardée dans l’espace au côté de Saturne et une rencontre avec des poissons enfermé dans des bulles parmi les nuages donne le ton d’un voyage qui s’avère fantastique. Barbe Noire (Hugh Jackman)

En parlant d’enfance, c’est peut-être là que le bat blesse. En dehors de l’allure mirifique des décors et des lieux, Pan déroule un scénario où le jeu, élément initial de l’aventure de Peter Pan cachant la volonté de ne pas grandir, s’efface au profit d’un traitement plus (trop) adulte donnant au récit un aspect prophétique trop présent. Peter Pan n’est donc plus un personnage libre qui fait le choix de rêver mais la victime d’une histoire qui le dépasse. Il n’écrit plus l’histoire, il la subit. Et c’est bien triste car au fond, on ne demande rien de plus à Peter Pan que de nous faire rêver et de nous replonger en enfance. Notons, de plus, que si Pan met en scène les prémices des aventures à suivre et promet de nous en apprendre plus sur les personnages emblématiques que sont Lili la tigresse (Rooney Mara), Peter Pan, Clochette ou encore Crochet (Garrett Hedlund que l’on a vu dans Inside Llewyn Davis), il ne fait que les survoler à l’image de ses bateaux pirates. A quoi bon faire une préquelle si la caractérisation des protagonistes est réduite à peau de chagrin ? Ainsi, on ne saura jamais comment les relations entre Crochet et Pan se sont détériorés… et c’est bien regrettable car le long-métrage nous a tenu en haleine sur cet unique espoir. Lili la tigresse (Rooney Mara)

Pan cède, une fois n’est pas coutume, et nous l’évoquions dans notre article sur Retour vers le futur, aux sirènes de la vogue consistant à rendre adulte toutes les sagas enfantine tout en anesthésiant au maximum celle qui sont spécifiquement dédiées aux adolescents tels Le labyrinthe. Drôle de paradoxe, où l’on nous ôte à la fois le droit de rêver et celui de réfléchir. C’est cela que savait faire Spielberg et consorts, allier divertissement grand public et imaginaire. Il est grand temps de s’y remettre.

Boeringer Rémy

Retrouvez ici la bande-annonce :

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