[DVD] Devenir un homme en Afrique, renaître pour s’accomplir


Ultime étape de notre voyage à travers le globe, Devenir un homme en Afrique, documentaire de Jean Queyrat, nous ramène à nouveau dans la fascinante Éthiopie mais aussi en République Centrafricaine. A l’image de Devenir un homme en Mélanésie de son compère Jérôme Ségur, il s’agit d’évoquer deux manières différentes de passer à l’âge adulte. Ce qui reste l’une des étapes les plus importantes de la vie, en Occident, comme ailleurs.

En République Centrafricaine, Banda et Mata, à l’image des lointains cueilleurs de miel népalais que nous avons découvert dans Himalaya, face aux abeilles géantes, doivent monter jusqu’au sommet de la canopée pour récolter du miel qu’ils considèrent sacré. En Éthiopie, Collé doit entamer un long voyage pour réussir la cérémonie du taureau à l’issue de laquelle, il aura le droit de posséder son propre troupeau.

Autrefois, les Ngbaka avaient un autre rite de passage à l’âge adulte, ils devaient tuer un éléphant à main nue. La raréfaction des éléphants et la diminution de leur territoire a fait des cueilleurs de miel, la nouvelle élite des tribus. C’est donc maintenant comme cela que l’on passe à l’âge adulte. Chez les Ngbaka, le miel revêt un caractère mythologique, c’est l’élixir de vie que les dieux ont donné à ce peuple. Société de chasseur-cueilleurs, les Ngbaka ne s’éloignent guère des forêts primaires où ils sont nés. Ils vivent principalement de la cueillette et de la chasse de céphalopes, petites antilopes vivant dans les lieux boisés. Chaque moment du quotidien est l’occasion de rendre hommage aux esprits. Les Ngbaka offrent leur salive aux divinités. Au pied des arbres immenses, les enfants regardent leurs courageux aînés grimper sans filets pour voler le miel aux abeilles. Il leur faut pour cela trouver les ruches qui se nichent au cœur des arbres et fendre ceux-ci pour récupérer les rayons de miel. Ils arrivent qu’une branche se brise et qu’un chasseur de miel trouve la mort. Les femmes redoutent toujours le moment où leur mari s’envole vers le soleil. Chez les Ngbaka, il y a peu de pression sociale, les jeunes sont libres de se lancer quand ils se sentent près. Un jour, Banda et Mata auront l’intuition que c’est leur moment. Mais auparavant, première étape de leur initiation, ils doivent eux aussi capturer et mettre à mort leur premier céphalope.snip_20160124230104

Les Hamers, en Éthiopie, ne voient pas les choses de la même manière. Si Collé échoue son initiation, il sera mis au ban de sa tribu et persécuté par ses membres. La cérémonie des taureaux est la dernière étape de l’Ukuli, célébration où les jeunes en âge de devenir des hommes sont choisis par la communauté des hommes adultes fraîchement initiés, les Maz. Ces derniers organisent des danses pendant lesquelles les femmes viennent les provoquer et reçoivent des coups de bâton. Pour celle-ci, il s’agit de montrer sa valeur, plus elles auront de cicatrice plus elles seront considérées comme belle. Celle don le sang aura le plus coulée aura toutes les chances de trouver un mari. On se rappelle des rites semblables des Surmas que l’on a vu dans Les samouraïs noirs. On confie à Collé, un petit sceptre en bois à la forme phallique. Les Maz simulent, en y passant des bracelets qui lui seront offerts (et qui servent à guider les troupeaux), et ne versant du lait, une éjaculation qui symbolise sa capacité nouvelle à procréer. Dernière étape de son apprentissage, il va devoir sauter, à quatre reprises, au-dessus des vaches que les Maz auront alignés dans un lieu qu’ils auront choisi. La pression est énorme, s’il rate le saut, il met son avenir sous de sombres auspices. Il devient alors un Donza, un membre à part entière de la tribus et intègre pour un temps, le groupe des Maz. Il prend alors pour nouveau nom celui de la première vache qu’il a enjambée.snip_20160124230145

En Républicaine Centrafricaine comme en Éthiopie, devenir adulte, c’est renaître, il faut donc symboliquement mourir, puis ressusciter. Les rites initiatiques sont d’une variété inouïe mais reprennent pourtant, partout, des caractéristiques communes. Les religions modernes n’ont rien inventé. Les mythes et les rites de l’humanité sont indissociables de l’essence commune de l’homme.

Boeringer Rémy

Retrouvez ici la bande-annonce :

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