[Avant-Première] Five, l’amitié ne s’achète pas


Ce lundi 21 mars 2016, pour fêter le printemps, nous avons vu en avant-première, le premier film d’Igor Gotesman, Five, qui sortira le 30 mars 2016. Avec une certaine sensibilité, le scénariste de Le nouveau que nous avions beaucoup apprécié, nous conte une histoire d’amitié entre cinq amis, soudés comme les doigts d’une même main. Si la plupart des gags fonctionnent très bien, à la limite parfois du graveleux sans jamais s’y vautrer, les personnages souffrent certainement d’un déficit de séduction. Retour sur une première fois en demi-teinte…

Samuel (Pierre Niney que l’on a vu dans Un homme idéal et entendu dans Vice Versa), Julia (Margot Bancilhon), Vadim (Igor Gotesman), Nestor (Idrissa Hanrot) et Timothée (François Civil) sont des amis d’enfances. Ils ont toujours rêvé de prendre une colocation ensemble. Lorsque Samuel trouve un appartement de rêve et propose de payer la moitié du loyer, leur rêve se réalise enfin. Si Samuel peut se le permettre, c’est parce qu’il ment à son père fortuné (Philippe Duclos que l’on a vu dans Un illustre inconnu) en lui faisant croire qu’il fait des études de médecine. Lorsque celui-ci découvre la supercherie, Samuel doit trouver une autre façon de financer le loyer.

Samuel (Pierre Niney) et Timothée (François Civil)

Chacun à leur manière, les cinq personnages de Five éclaire des facettes différentes d’une jeunesse dorée parisienne. Jeunesse à qui s’adresse clairement le film. On ne reconnaît pas l’écriture subtile qu’Igor Gotesman avait mis à l’œuvre sur Le nouveau. Ici, les clichés sont parfois trop marqués. Par exemple, Nestor, le noir de service, est forcément un queutard invétéré, incapable de donner suite à une relation. Ou Timothée, toujours défoncé à la marijuana, est celui qui joue le rôle du pote lourdingue et un peu crade. Évidemment, seule femme du groupe, Julia est régulièrement ramenée à son statut de fantasme. On ne peut échapper aux caricatures de jeunes de banlieue, non plus, même si le résultat est hilarant, avouons-le. Samuel est, quant à lui, un véritable petit con, menteur invétéré, né avec une cuillère en or dans la bouche, qui achète l’amitié de ses amis en dispensant des faveurs constamment. Difficile de s’attacher, à première vue, à cette petite bande et surtout à ce personnage principal qui incarne tout ce que nous conspuons.

Julia (Margot Bancilhon), Nestor (Idrissa Hanrot), Timothée (François Civil) et Vadim (Igor Gotesman)

On ne dira pas que l’on finit par le faire mais l’investissement d’Igor Gotesman dont des tranches de sa propre vie ont inspiré le long-métrage finit tout de même par se faire sentir. En effet, l’empathie véritable qu’il insuffle en ses protagonistes réussit à nous les rendre supportable. Ce type-là n’aurait sûrement jamais été notre pote, pas plus que ses amis vampirisateurs ne le seraient devenus mais leur histoire d’amitié finit par séduire quand même. L’affiche du film arbore fièrement comme slogan « L’amitié, ça se cultive ». On a plutôt l’impression, pendant un long moment, que « l’amitié, ça s’achète ». Reste donc, au crédit de Five, que tous les acteurs dégagent une sincérité dans leur jeu qui rattrape un peu l’ensemble. Pour contrebalancer les bases bancales de leur amitié basée sur l’argent, Gotesman incluent de nombreuses histoires parallèles comme une idylle secrète entre deux des compères, forcément ceux dont on s’attend le moins, histoire de trancher dans les stéréotypes prégnants. Samuel, de son côté, vit une autre romance qui va le pousser à sortir de ses habitudes de représentations, à se mettre à nu. Et ça finit par fonctionner. Cette bande de petits cons finit par être attendrissante.

Pascal Demolon que l’on a entendu dans Astérix – Le domaine des Dieux et vu dans La résistance de l’air

Plein de bonnes intentions,on sent dans Five, l’envie de décrire un belle amitié, mais la problématique de l’argent biaise le sujet en créant une relation asymétrique. Le message banal étant qu’une vraie amitié doit résister aux assauts de la vie, son traitement manque de profondeur mais réussit malgré tout à déborder d’humour, seul point fort du film. On rit beaucoup, on s’esclaffe même mais l’émotion peine à effleurer. La faute à des enjeux bien peu dramatiques au final et à une narration bateau. Aucun de ces jeunes gens ne se retrouverait à la rue en perdant son appartement.

Boeringer Rémy

Pour retrouver la bande-annonce :

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