[Avant-première] [Direct-to-vidéo] Intruders, tel est pris qui croyait prendre !


Avec Intruders, Adam Schindler, nouveau venu sur la scène horrifique américaine, apporte une souffle rafraîchissant au genre du « home invasion ». Au-delà d’une réalisation très classique, il distille quelques idées scénaristiques qui auraient mérité mieux qu’une sortie en direct-to-vidéo. Ce premier coup réussi sortira le 20 avril 2016 chez Metropolitan Filmexport.

Anna (Beth Riesgraf), une jeune femme agoraphobe vit reclus avec son frère dans un maison isolée. Lorsque celui-ci décède d’un cancer, elle se retrouve seul. Jusqu’à ce que de mystérieux cambrioleurs s’introduise chez elle.

Anna (Beth Riesgraf)

À première vue, Intruders, son titre permet de ne pas s’y tromper, se présente comme un « home invasion » traditionnel et l’on s’attend que la pauvre Anna passe son temps à se cacher en tremblotant ou subissent les pires sévices. On a d’ailleurs le triptyque habituel de malfaiteurs composé, sans surprise, d’une tête pensante, d’un pauvre type qui ne sait pas ce qu’il peut bien foutre dans cette galère et d’un taré incontrôlable. Pour relever cette recette de base assez fade, l’idée de mettre en scène une personne atteinte d’agoraphobie est la première trouvaille intéressante. En effet, développant cet aspect du scénario, Intruders met en exergue le double enfermement que subit l’héroïne, le premier physique, à la présence des cambrioleurs, l’autre psychologique, laissant entrevoir des pistes narratives supplémentaires apte à donner plus de consistance au personnage. Rien, cependant, et c’est bien là où Intruders réussit son pari, ne nous prépare à un incroyable changement de situation qui précipite le film vers le « torture porn ». Dans l’intimité de sa maison, comme dans celle de son esprit torturé, Anna n’est pas prête à laisser rentrer quiconque. Tel est pris qui croyait prendre. C’est dans ce mélange des genres, dosé savamment, dont les ressorts narratifs se révèle toujours surprenant, qu’une ambiance angoissante s’instaure rapidement, car les motivations réelles d’Anna semblent longtemps illisibles et laisse planer l’ombre d’une violence exacerbée à naître brusquement.

Anna (Beth Riesgraf) et J.P. Henson (Jack Kesy)

Ici aussi, Schindler prend à contre-pieds les attentes du spectateur avec une fin aussi paradoxale qu’inattendue. Dans la grande veine du cinéma d’épouvante, même s’il esquisse l’utilisation de sous-genre plus récent, Schindler se préoccupe avant tout d’instaurer un huis-clos inquiétant et efficace, dont l’aspect dérangeant réside davantage dans les représentations mentales que dans l’exposition gore. Bien plus qu’un film d’horreur, c’est donc un drame intime qui se joue, avec le prétexte de la folie meurtrière, pour forcer les traits d’une situation qui n’en dit pas moins quelques choses sur notre façon de placer le curseur, entre victime et bourreaux. Effectivement, Intruders vous poussera à repousser constamment votre jugement sans cherche à l’influencer d’une quelconque façon, juste en donnant assez d’empathie et d’épaisseur à ses protagonistes pour que l’on puisse s’identifier à eux. À sa hauteur modeste, sans forcément vouloir y chercher une volonté politique ou social assumée, il est toutefois agréable de tomber sur des œuvres moins manichéennes et plus subtiles que les standards hollywoodiens recyclant les vieilles légendes mythologiques sans jamais chercher l’originalité. Des petits œuvres sans prétentions mais sincères comme Intruders ne peuvent qu’être appelé de nos vœux et soutenu dans leur démarche. On y ressent un « on-ne-sait-quoi » de personnel que les films de commande produit à la va-vite ne peuvent plus offrir.

Anna (Beth Riesgraf) et Vance (Joshua Mikel que l’on a vu dans Terminator Genisys)

Faisant la part-belle à mélanger les influences avec parcimonie, le premier film d’Adam Schindler se pose comme le digne héritier d’un cinéma horrifique intelligent qui ne cherche pas à faire dans l’outrance graphique pour devenir banquable. L’heure n’est, pour l’instant, qu’aux scénarios bateaux ou aux productions à l’odeur sulfureuse dont la réputation qui les précède est souvent galvaudée. Intruders ne vous promettra pas des images chocs ni un scénario chic mais devrait vous captivez de bout en bout. N’hésitez pas à faire un tour dans les bacs de votre magasin culturel près de chez vous, si possible un indépendant, pourvu qu’il y en est qui est survécu à l’uniformisation, pour vous procurer cette péloche, ma foi, fort sympathique.

Boeringer Rémy

Retrouvez ici la bande-annonce : 

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