[Avant-première] Camping 3, les préjugés en vacances


Surement par snobisme, nous n’aurions jamais mis le pied dans un salle de cinéma pour voir Camping, surtout avant l’invention de la carte d’abonnement illimité. Longtemps, le cinéma porté par Frank Dubosc ne nous forçait absolument pas à nous déplacer. On ne peut pas radicalement dire que nous ayons changé d’avis mais, ayant assisté à l’avant-première niçoise de Camping 3 de Fabien Onteniente, nous ne bouderons pas notre plaisir coupable car avouons-le, nous avons passé un moment agréable et drôle, en compagnie de l’acteur qui était présent. Camping 3 sortira le 29 juin 2016, en phase avec les grandes vacances.

Patrick Chirac (Frank Dubosc que l’on a vu dans Bis, Fiston et Barbecue) ne varie jamais ses habitudes de villégiature. Une fois de plus, il se retrouve au Camping des Flots Bleus, à Arcachon avec Jacky (Claude Brasseur) et Laurette (Mylène Demongeot) et son ami Paulo (Antoine Duléry dont on avait pu voir l’excellent stand-up Antoine Duléry fait son cinéma). Sauf que cette année, trois jeunes compères en galère de logement vont rejoindre la bande, Robert (Cyril Mendy, aperçu dans La marche), Benji (Louka Meliava, aperçu dans La belle et la bête) et José (Jules Ritmanic).

Patrick (Frank Dubosc) et Paulo (Antoine Duléry)

Evidemment, on ne pourra jamais pardonné l’utilisation d’une « chanson originale » de Maître Gims, le gaillard n’étant ni chansonnier, ni original. On pourrait même se gausser de relever toutes les blagues potaches qui relèvent de la caricature à l’encontre des noirs ou des homosexuels par exemple. Mais nous sommes de ceux qui pensent que l’on peut rire de tout. Le tout est de le faire avec suffisamment d’élégance pour ne tomber ni dans la facilité ni dans le scabreux. Une mission dont le personnage de Frank Dubosc se tire assez bien car étant la principale caricature du film, il désamorce l’aspect limite de certaines blagues, les rendant drôle car son personnage est pathétique. Patrick Chirac est la caricature du beauf par excellence, crâneur, misogyne, ringard avant l’âge. Mais, à l’image des autres personnages, il est présenté avec tendresse ce qui tend à le rendre immédiatement sympathique. Malgré le ridicule des situations, et les blagues dont la primeur est parfois contestable, la plupart des gags font mouche malgré tout. Lorsque l’on hésite à lever un blâme devant l’homophobie latente et inavoué du personnage, c’est bien parce qu’il est idiot et décrit comme remplis de préjugés que l’on accepte sans broncher cette facilité comique qui réussit malgré tout à nous faire rire.

Charmillard (Gérard Jugnot que l’on a vu dans Benoît Brisefer : Les taxis rouges et Entre amis) et Anne-So (Michèle Laroque)

C’est que, renversement de situation, ce n’est pas l’homophobie qui fait rire mais le ridicule de celle-ci. De même que sa méfiance à l’égard de Robert, le noir de la bande. Son racisme idiot, cela l’est toujours, devient risible comme son ignorance. A l’inverse, le personnage joué par Gérard Jugnot, bobo présentateur télé, qui a soutenu Coluche et qui se dit de « Gôche », n’est pas sans rappelé des personnages phares de notre microcosme politique qui se plaignait de ne pas voir assez de « blancos ». Son racisme intellectualisé, diffusé à longueur de journée sur les ondes, touche un public qui n’est autre que Patrick Chirac, comme aime-lui rappeler sa femme, campée par Michèle Laroque. Ajoutons à ce traitement intelligent de stéréotypes qui aurait pu pousser à la facilité que Camping 3 développe une galerie de personnages attendrissants qui pourra toucher plusieurs générations à travers la crise identitaire de Paulo, les petits tracas romantiques de Benji et Morgane (Leslie Medina) ou la peur de vieillir de Jacky. Enfin, il faut dire qu’une bonne part du rire vient des accoutrements et des coutumes de camping du héros, espèce de Dude à la française, toute proportion gardée.

Robert (Cyril Mendy), Benji (Louka Meliava) et José (Jules Ritmanic)

Contrairement à ce que l’on pouvait redouter, on a vu ces derniers années tant de comédies françaises bien lourdingues, tels que Bis avec Dubosc et Entre amis avec Jugnot, pour les plus récentes, Camping 3 est la preuve, minime certes, mais preuve quand même, que l’on peut faire du cinéma populaire sans bâcler la production. On ne crie pas au génie, vous l’aurez compris, mais on salut bien bas la sincérité et la fibre comique de Dubosc qui n’en fait pas trop dans la comique de geste au profit du comique de situation pince sans-rire.

Boeringer Rémy

Retrouvez ici la bande-annonce :

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