[Direct-to-vidéo] Deathgasm, metaleux et geeks alliés pour le meilleur et pour le rire


Jason Lei Howden, nouveau venu de la mise en scène néo-zélandaise, a tout de même travaillé sur les effets spéciaux de la trilogie du Hobbit, d’Avengers, de Prometheus ou encore de Man of Steel, avant de se lancer dans la réalisation avec Deathgasm. Fan de metal et de cinéma de genre, le trublion a décidé d’allier ses deux passions avec un mauvais goût assumé et revanchard, nostalgique de la vague plus ou moins heureuses de film sur le heavy metal des années 80. Cette petite pépite, sûrement l’une des meilleures du genre, sortira le 5 juillet 2016, directement en vidéo, mais est d’or et déjà disponible, en avant-première, en lot avec l’excellent magazine Mad Movies du mois de juin.

Brodie (Milo Cawthorne), adolescent metaleux et marginal, n’a pour autre ami que les deux geeks les plus exclus de son lycée : Dion (Sam Berkley) et Gilles (Daniel Cresswell) qui passent leur temps à lancer des dés de dix. Lorsqu’il fait la connaissance de Zakk (James Blake) qui partage les mêmes passions que lui, il décide de monter un groupe de metal. Découvrant par hasard la trace du chanteur de leur groupe fétiche, Rikki Daggers (Stephen Ure) s’étant retiré des années auparavant, ils se voient confier une étrange partition. Lorsqu’ils décident de la jouer, tout dégénère.

Zakk (James Blake) et Brodie (Milo Cawthorne)

A la limite du potache mais jamais grandiloquent, Deathgasm ne se prend résolument pas au sérieux. Les références, nombreuses, à la culture metal, sont autant de madeleine de Proust pour les amateurs mais ne deviennent pas omniprésentes. Des scènes cocasses, resteront réservés aux aficionados, telle celle-ci où Brodie et Zakk se dispute le droit de regarder en premier dans un bac à vinyles, jaugeant les choix artistiques de leur futur compère avec une certaine condescendance. On retrouve dans Deathgasm, des poncifs du genre, les deux compères arborant des maquillages à la Kiss, sûrement en hommage à Kiss contre les fantômes et une évidente similarité avec le réactionnaire Black Roses, où un groupe de hard rock transformait les enfants en monstre. Toutes proportions gardées, le graveleux de certaines situations et le gore omniprésent ne convenant évidemment pas aux plus jeunes, Howden verse tellement dans une sorte d’autodérision respectueuse que son film pourra faire le bonheur du plus grand nombre. La trame et les situations comiques raviront aussi les amateurs de comédie horrifiques dans la veine de Shaun of the dead. Comme cet illustre prédécesseur, le ton décalé est l’occasion de rendre justice aux losers et aux inadaptés qui deviennent les héros d’un jour.

Medina (Kimberley Crossman)

Totalement décomplexé, le metteur en scène ne se refuse absolument aucune situation grotesque et l’inventivité dont il fait preuve en devient jouissive. Devant résister à une invasion de zombie provoqué par eux-même, l’arsenal de guerre à leur disposition sera aussi varié qu’une perceuse attaché à une guitare électrique, une disqueuse, une débroussailleuse, une tronçonneuse ou encore une hache avec laquelle Medina (Kimberley Crossman), petite amie de Brodie, s’imagine en valkyrie digne d’une jaquette d’anthologie. Point agréable à constater, Medina n’est pas là pour faire la potiche comme c’est souvent le cas dans le genre horrifique. Mieux encore, elle porte la culotte et sauve constamment Brodie qui ne cesse de bredouiller et manque terriblement de confiance en lui. Le seul mâle alpha, en la personne de Zakk, est véritablement décrit comme un idiot congénital. Pour revenir aux armes en vogue dans la petite bourgade où a débuté cette apocalypse, notons les inhabituels godemichés et vibromasseurs. Glauquissime, l’utilisation de ces derniers est également terriblement drôle. Surtout lorsque l’on tient compte qu’elles ont été trouvées dans la chambre conjugale d’un couple ultra-catholique et conservateur, l’oncle Albert (Colin Moy) et la tante Mary (Jodie Rimmer).

Brodie (Milo Cawthorne) et Medina (Kimberley Crossman)

Œuvre nostalgique d’un quadragénaire dont l’esthétique des pochettes étaient autant source de rêverie que la musique elle-même, Deathgasm porte son nom à merveille, conçu pour contenter de plaisir les fans de cinéma horrifique comme les mélomanes metaleux. Pour les autres, il restera probablement comme l’un des meilleurs nanars de ces dernières années, chaleureux, sincère et généreux. Bienvenue en enfer !

Boeringer Rémy

Retrouvez ici la bande-annonce :

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