[Direct-to-Vidéo] Vert Émeraude, parure en toc


Vert Émeraude de Felix Fuchssteiner et Katharina Schöde, sorti le 21 septembre 2016, directement en DVD, est le troisième volet de l’adaptation de La trilogie des gemmes de Kerstin Gier, véritable succès outre-Rhin. Se plaçant une gamme légèrement au-dessus des habituelles catastrophes industrielles émaillant l’industrie du film pour jeunes adultes, calibrées pour les plages horaires de l’après-midi en période de fête, le long-métrage, qui n’a rien de particulièrement exaltant, propose quand même une approche moins absconse qu’à l’habitude.

Après avoir collaboré avec le comte de Saint-Germain (Peter Simonischek), Gwendolyn Shepherd (Maria Ehrich) et Gideon de Villiers (Jannis Niewöhner) se sont rendus compte des desseins terribles de leur mentor. Il s’agit pour eux, rien de moins, de sauver l’humanité grâce à leur talent incroyables : le voyage dans le temps.

Miro Rakoczy (Butz Ulrich Buse) et Gwendolyn (Maria Ehrich)

Miro Rakoczy (Butz Ulrich Buse) et Gwendolyn (Maria Ehrich)

Vert émeraude, convenons-en, ne vaut absolument pas pour sa romance à l’eau de rose frelatée, à base de midinette éperdue par son premier flirt, d’une part, fredonnant des concepts sur l’amour éternelle vus et revus et d’autre part, de jeune rebelle à veste de cuir, motard en option, tout aussi perturbé par ses hormones. Il ne faut pas, non plus, chercher l’originalité du côté de la galerie de méchants tout aussi caricaturaux, bien rangés entre chef cynique, bras droits retors et sous-fifres débiles. Concernant les effets spéciaux numériques, s’ils sont banaux ; les personnages se téléportent en poussières d’étoiles ; ils sont néanmoins tout à fait correct. La musique, quant à elle, est aussi mièvre que la romance qu’elle accompagne, réitérant constamment le même thème, laissant un souvenir aussitôt périssable. Les enjeux, assez mal caractérisés ; on ne connaîtra que très vaguement les plans du comte de Saint-Germain ; s’installe à travers la vie d’une adolescente dont les fêtes et les disputes familiales semblent aussi importantes que sa quête héroïque.

Gwendolyn (Maria Ehrich) et Gideon (Jannis Niewöhner)

Gwendolyn (Maria Ehrich) et Gideon (Jannis Niewöhner)

Par tous ces aspects exaspérants, typique de ce style cinématographique à part entière que constitue l’aventure pour jeunes adultes, Vert Émeraude, ne vaut pas pour son originalité et brasse un ennui certain à l’image de Mara et le démon de feu, autre production allemande que nous avions chroniqué, il y a quelques mois. Toutefois, il se distingue par sa volonté affichée de nommer le mal autrement qu’à travers la mythologie et le fantastique. Ici, le comte de Saint-Germain et ses sbires sont avant tout de vils financiers, des banquiers et des politiciens véreux. Pour parvenir à leurs fins, ils manipulent l’opinion et la rendent soumise à leurs desiderata en orchestrant eux-même une crise économique, près-requis pour leur domination, instillant suffisamment la peur du lendemain pour que toute révolte soit tuée dans l’œuf, utilisant au sens propre, les recettes du passés pour un avenir radieux pour eux seuls. Tout parallèle avec les tactiques politiciennes de certains partis promoteurs d’un libéralisme inévitable, inquiet de voir leur pouvoir remis en cause, n’est certainement pas fortuite si l’on oublie le caractère complotiste de l’intrigue. Sur ce point seulement, Vert Émeraude se veut un peu plus mature que la moyenne.

Madame Rossini (Justine del Corte) et Gwendolyn (Maria Ehrich)

Madame Rossini (Justine del Corte) et Gwendolyn (Maria Ehrich)

Loin d’être transcendant, Vert Émeraude se distingue de la concurrence par ses thèmes secondaires qui abordent, avec ce qu’il faut de subtilité et de franchise, des problèmes contemporains, notamment à propos des oligarchies en place. C’est toujours ça de pris.

Boeringer Rémy

Retrouvez ici la bande-annonce :

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5 commentaires

    1. J’aurais du le dire dans l’article, mais je n’ai pas vu les deux premiers. Ni lu le livre d’ailleurs. En tant que tel, je le trouve très mièvre, ce qui est un défaut récurrent dans ce genre, mais il y a tout de même un tentative d’exploiter des enjeux ancrés dans le réel qui m’a bien plus. Ça le rapproche un peu de ce que je considère comme la Science-Fiction au sens noble : un reflet de notre temps. Et non pas, une histoire calibrée et aseptisée.

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      1. Honnêtement, seul le premier, Rouge Rubis, tire son épingle du jeu. Le deuxième, Bleu Saphir, commence à être un peu mièvre avec cette pseudo histoire d’amour qui, pour le coup, est bien bien … bref ! Nulle !
        Mais il est vrai qu’il y a une tentative malgré tout

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