Biographie

[Avant-Première] Sully, plongée dans l’injustice bureaucratique comme au cœur des eaux froides de l’Hudson

L’inspecteur Harry, infatigable chroniqueur de l’Amérique, reprend à nouveau la caméra, un an après le très subtil American Sniper. Toujours sur la brèche, à la fois patriote et observateur acerbe, Clint Eastwood plonge dans l’histoire aussi incroyable que banale d’un héros tourmenté par une bureaucratie aussi froide que les eaux de l’Hudson. (suite…)

[Avant-première] La sociale, ode amoureuse et raisonnée à la Sécu

Au cinéma Mercury de Nice, qui met à l’honneur les films indépendants que les gros exploitant boudent, nous avons pu voir, ce vendredi 7 septembre, et en avant-première, le dernier documentaire de Gilles Perret, La sociale, qui sortira le 9 novembre prochain, en présence du réalisateur. Après avoir mis à l’honneur les héros du Conseil National de la Résistance, en 2013, dans Les jours heureux, en réaction à la mise à mal par la propagande sarkosienne de l’essence même de leur projet, il retrace l’histoire de leurs ambitions la plus démesurée et la plus révolutionnaire : la création d’une solidarité à l’échelle nationale face aux malheurs de la vie, la Sécurité Sociale gérée par les travailleurs eux-mêmes. (suite…)

[Avant-Première] Snowden ou la criminalisation de la citoyenneté

Calfeutré dans une pièce sombre, les volets fermés, la lumière éteinte, le smartphone dans le micro-onde et un morceau de chatterton sur la caméra de mon ordinateur portable, je m’apprête à commettre l’irréparable, à prendre des risques incroyables pour vous informer sur une conspiration réelle, garantie cent pour cent compatible avec la démocratie occidentale. Bon, j’avoue tout. On est sorti un peu flippé de l’avant-première de Snowden, le dernier film militant d’Oliver Stone, le réalisateur américain ami de Fidel Castro et metteur en scène de brûlot inoubliable tel Platoon ou Wall Street, qui sortira le 1er novembre 2016. Et croyez-nous, les complotistes à la petite semaine ont de quoi aller se rhabiller. Ce que vous rêviez, la NSA l’a fait. (suite…)

[Avant-Première] Le légendaire n°17, un flocon au firmament

Pour clôturer notre immersion en terre russe, grâce au 4ème Festival de cinéma russe de Nice, nous avons pu assister à l’avant-première, le vendredi 23 Septembre 2016, d’une autre agréable découverte du réalisateur Nikolai Lebedev dont nous avons déjà évoqué la dernière folie, L’équipage. Le légendaire n°17, après l’attristant film de commande Les champions a su nous réconcilier avec le film sportif en nous offrant à nouveau un spectacle haletant, un personnage charismatique interprété également par Danila Kozlovsky et une réalisation entraînante. (suite…)

[Avant-Première] Les champions, quand propagande et cinéma font mauvais ménage

Toujours en avant première au 4ème festival du cinéma russe de Nice, nous avons pu voir, le mercredi 21 septembre 2016, une co-réalisation d’Alexeï Vakoulo, de Sergueï Possokhin et de Dmitri Dioujev. Les champions, c’est son nom, a été produit, avec l’aval des autorités russes, juste avant les jeux olympiques d’hiver de Sotchi 2014. L’entreprise propagandiste, confirmée par le réalisateur présent, visait surtout, d’après lui, à convaincre la jeunesse de s’engager dans le sport. Et sûrement, nous le rajoutons, de redonner des lettres de noblesses à une organisation contesté de toutes parts. Le résultat, quoiqu’il en soit est un piètre film de commande qui peine grandement à nous enthousiasmer. (suite…)

One More Time With Feeling, du drame intime à la beauté universelle

One more time with feeling, voilà un beau programme pour présenter une oeuvre accouchée dans la détresse. Ce documentaire d’Andrew Dominik, diffusé un seul soir au cinéma, ce jeudi 8 septembre 2016, nous plonge au coeur de l’enregistrement studio de Skeleton Tree, le dernier album de Nick Cave and The Bad Seeds, qui sortira le lendemain. Le crooner australien y couche sa voix suave pour rendre hommage à son fils Arthur, disparu tragiquement l’année dernière. (suite…)

La couleur de la victoire, ils n’auraient pas cru que, là-bas aussi, ce fut le noir

Il n’ aurait pas cru sans le voir que la couleur du désespoir, là-bas aussi, ce fût le noir. Lorsque Jesse Owens, jeune athlète afro américain, accepta de concourir pour les États-Unis aux jeux olympiques de 1936 à Berlin, il ne percevait qu’à peine qu’il signerait là, un acte de résistance à l’Allemagne nazie tout autant qu’à l’Amérique ségrégationniste. La couleur de la victoire de Stephen Hopkins retrace le parcours d’un athlète hors-norme rattrapé par l’Histoire.

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[Avant-première] Les malheurs de Sophie ou de l’Education

Les malheurs de Sophie, onzième film de Christophe Honoré, voit le cinéaste, adepte de la belle langue, adapter un grand classique de la littérature enfantine. Le film reprend quasiment, mots pour mots, les dialogues de l’œuvre originale mais, paradoxalement, vide souvent les scénettes écrites par la Comtesse de Ségur, de leur substance morale et de leur vocation à éduquer. Un choix qui plonge la première partie dans un ennui bourgeois avant de nous rendre plus empathiques pour les malheurs de la petite fille, le récit adoptant une posture plus universelle. La candeur du jeu des jeunes acteurs ravira, de toute manière, les plus jeunes d’entre nous. Nous avons pu voir le long-métrage qui sortira le 20 avril, en avant-première.
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[DVD] Comment c’est loin : comme un aimant

« J’suis d’retour avec ma sous-culture, ouais sauf que c’est nous l’futur, hein : c’est nous l’futur » scandé Orelsan dans son morceau Raelsan. Déjà prophétisé au cinéma par des œuvres tels que Comme un aimant de Kamel Saleh, scénarisé par Akhenaton, ce futur radieux reste aussi hypothétique que la jeunesse s’enlise dans l’ennui et le manque de perspectives. À l’occasion de la sortie en DVD de Comment c’est loin, le 19 avril prochain, co-réalisé par le rappeur normand et Christophe Offenstein, c’est l’occasion pour nous de revenir sur un rappeur à part, à cheval entre modernité et oldschool, à l’origine de quelques controverses et finalement sacré par le petit écran avec sa série Bloqués créée par sous l’égide de Kyan Khojandi. (suite…)

[Avant-Première] Visite ou Mémoires et Confessions, poétique testament

Manoel de Oliveira, reconnu par beaucoup comme le plus grand cinéaste portugais, nous a quitté, il y a tout juste un an, à l’âge canonique de 106 ans. En 1982, à l’âge déjà respectable de 74 ans, il tournait en secret Visite ou Mémoires et Confessions qu’il désirait ne voir sortir qu’à titre posthume. Sa volonté fut respectée et le 6 avril prochain sortira ce film testament que nous avons eu la chance de voir en avant-première. (suite…)