Drame

Seven Sisters, le mythe de la surpopulation

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Quatre ans après Orphan Black, créée par Graeme Manson et John Fawcett et Cloud Atlas des Wachowski (suivis en ce début d’année par Split de Shyamalan), on ne peut pas dire que Seven Sisters de Tommy Wirkola, pour la forme, révolutionne le genre. Noomi Rapace ne livrant ici qu’une pâle copie de la performance scénique de Tatiana Maslany. Et ce n’est pas non plus le cas sur le fond dont Fortress de Stuart Gordon posait les bases, il y a déjà vingt-quatre ans, s’inspirant surtout de la politique de l’enfant unique mise en place en Chine populaire. Réadapter aux enjeux de notre époque tels que le réchauffement climatique, la critique se transforme néanmoins, et insidieusement, en manifeste contre la surpopulation. Cette notion de surpopulation étant très discutable, outil de la novlangue utile pour dénoncer la pénurie des ressources au lieu de pointer leur mauvaise répartition, décryptons une œuvre bien réactionnaire sous ses dehors de dystopie humaniste. (suite…)

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[Avant-Première] Le cœur en braille : l’essentiel est invisible pour les yeux

Ce lundi 12 décembre, nous avons pu assister, en présence du réalisateur Michel Boujenah, à la projection en avant-première de son troisième long-métrage. Il est revenu sur son rapport à l’art cinématographique dans lequel il trouve un supplément d’âme à la scène et se rêve, en plaisantant, en créateur divin. Romance de minots, Le cœur en braille, qui sortira le 28 décembre 2016, illustre avec juste ce qu’il faut de tendresse et de facétie, les premiers amours timides et désintéressés. (suite…)

[Direct-to-vidéo] Mel & Jenny, premier amour et identité sexuelle

Sorti directement en DVD, le 15 octobre 2016, chez l’éditeur Outplay, Mel & Jenny de Nana Neul, film lunaire possédant la sensibilité particulière des premiers émois, explore la découverte et l’acceptation, parfois difficile, de sa sexualité avec une justesse rarement égalé entre violence et exaltation du sentiment amoureux. (suite…)

Dear Zindagi, psychothérapie indienne

Dear Zindagi, deuxième film de Gauri Shinde, réalisatrice indienne, est résolument moderne, abordant bien des thèmes sensibles tels que l’homosexualité et les rapports générationnels conflictuels. Mais en premier lieu, chose très rare dans la société indienne, elle aborde la psychanalyse sous un angle positif. Née et élevé à Pune, près de la province du Konkan, elle y défend le cosmopolitisme de Mumbai, riche de son métissage, et cœur de l’industrie bollywoodienne, qu’elle différencie de Goa, ville touristique aux allures d’artifices. (suite…)

[Avant-Première] Sully, plongée dans l’injustice bureaucratique comme au cœur des eaux froides de l’Hudson

L’inspecteur Harry, infatigable chroniqueur de l’Amérique, reprend à nouveau la caméra, un an après le très subtil American Sniper. Toujours sur la brèche, à la fois patriote et observateur acerbe, Clint Eastwood plonge dans l’histoire aussi incroyable que banale d’un héros tourmenté par une bureaucratie aussi froide que les eaux de l’Hudson. (suite…)

Moi, Daniel Blake, poignante tragédie du réel

A l’image d’un Guédiguian, Ken Loach a forgé chez nous une intime et forte conviction. Celle que le cinéma contemporain, au-delà de l’enterntainement est un art qui ne doit pas s’exclure du monde, un art à la fois populaire et noble qui n’a jamais plus de sens, justement que lorsqu’il exalte la noblesse du peuple et de ses aspirations. Loach est de ces auteurs, au-côté de son scénariste de toujours, Paul Laverty, qui mieux que quiconque, même dans les brumes de l’Histoire, comme le prouve entre autre ses magnifiques Land and Freedom ou Le vent se lève, a su redonner dignité et humanité à de nombreuses figures tutélaires de la classe laborieuse, replaçant ces archétypes dans une réalité bien triste et prégnante, instantanés d’un monde ignoré par l’intelligentsia, relégués dans les mémoires comme s’ils avaient disparus avec Dickens. Loin de servir exagérément les violons, Ken Loach, avec Moi, Daniel Blake, émeut, bouleverse, transcende tous les discours libéraux par la simple valeur brute et intact d’une vérité niée par les élites, gommée par les médias, instrumentalisée par les puissants. Celle d’homme et de femme fières et droits que l’on exclut volontairement de la vie publique pour mieux nous laver les mains, collectivement, du principal échec de notre société : son incapacité structurée de longue date à faire preuve d’empathie. (suite…)

[Avant-Première] [Direct-to-Vidéo] Mojave, thriller philosophique

William Mohanan, qui avait scénarisé, pour Martin Scorsese, Les infiltrés, réalise son troisième film, qui sortira directement en vidéo, chez Metropolitan Filmexport, le 21 novembre 2016, dont il signe également le scénario. Mojave est un thriller évanescent dont la principale tension entre les antagonistes s’articule autour d’une contemplation mélancolique de la vie et de la mort, portée par des acteurs parfaitement dans le ton. (suite…)

[Rétro] Scream, un cri court dans la nuit pour une postérité durable

A l’occasion de la ressorti de Scream en salle, le 21 octobre 2016, dans le cadre des séances Il était une fois…, présentées par Philippe Rouyer, nous avons pu revoir sur grand écran, ce classique du cinéma d’horreur américain, film somme de Wes Craven, aux allures parodiques, qui n’en étale pas moins sa science avec maestria et a participé à ressusciter un sous-genre qui déclinait, le slasher et demeure aujourd’hui incontournable. (suite…)

[Direct-to-Vidéo] We are still here, scènes de la vie conjugale et spiritisme

We are still here de Ted Geoghegan, sorti directement en vidéo, le 27 septembre 2016, semble tout droit sorti des seventies, sans pour autant reprendre la gouaille de l’époque, instillant un ennui profond dont le casting nullissime n’est pas exempt de responsabilité. (suite…)

[Avant-Première] [Direct-to-Vidéo] I.T., le piratage pour les nuls

Avec I.T., qui sortira le 10 novembre 2016, directement en E-Cinéma, John Moore, le réalisateur de Die Hard : belle journée pour mourir, vécu vraisemblablement comme une trahison de l’esprit et de la forme par tous les trentenaires biberonnés par John McClane, signe un thriller à la facture très classique, peut-être trop, preuve qu’il ne suffit pas de saupoudrer de mysticisme high-tech une œuvre banale pour la rendre attrayante. (suite…)