[Avant-Première] Sully, plongée dans l’injustice bureaucratique comme au cœur des eaux froides de l’Hudson

L’inspecteur Harry, infatigable chroniqueur de l’Amérique, reprend à nouveau la caméra, un an après le très subtil American Sniper. Toujours sur la brèche, à la fois patriote et observateur acerbe, Clint Eastwood plonge dans l’histoire aussi incroyable que banale d’un héros tourmenté par une bureaucratie aussi froide que les eaux de l’Hudson. (suite…)

[Avant-Première] Papa ou maman 2 : Producteurs contre public (1-0)

Papa ou maman 2 de Martin Bourboulon, que nous avons pu voir en avant-première ce dimanche 20 octobre 2016, et qui sortira le 7 décembre prochain, reprend, à la ligne près, les recettes scénaristiques du premier opus. Premier opus qui nous avait ravi mais dont la magie s’estompe grandement dans cette suite aux allures de redites. (suite…)

Kaashmora, comédie fantastique et rock’n’roll

A mi-chemin entre comédie et film d’épouvante, Kaashmora est de ces pépites fantasques que seul l’Inde est capable de nous donner. Critique à peine voilée du mysticisme de ses concitoyens, Gokul ne s’interdit aucun excès scénographique, caricature à outrance ses personnages pour un résultat délirant et hilarant. (suite…)

Inferno, purgatoire rétinien

Thriller complotiste à la petite semaine, Inferno vient compléter le triptyque d’adaptation cinématographique de l’œuvre de Dan Brown. Pour la troisième fois aux commandes de la saga, Ron Howard, lequel a quand même réalisé des films comme Willow ou Cocoon, qui ont marqué notre enfance, livre une aventure sans relief où les apparences règnent sur le fond comme sur la forme. (suite…)

[Avant-Première] Massilia Sound System – Le Film : « On n’est pas le produit d’un sol, on est le produit de l’action qu’on y mène »

Christian Philibert, réalisateur varois des Quatre saisons d’Espigoule, de Travail d’arabe et d’Afrik’Aïoli, met en scène des œuvres sensibles et humaines, prenant racine en terre provençale, bercée par la culture occitane, dont Pagnol et Guédiguian sont les parrains informels. Il ne pouvait pas laisser les trente ans de carrières de Massilia Sound System sans célébrer ce groupe emblématique de la culture occitane, représentant d’un régionalisme éclairé, éminemment politique, à la recherche constante d’un autre monde possible, métissé et solidaire, respectueux de sa propre culture, pré requis essentiel pour apprécier les influences étrangères. Massilia Sound System -Le Film, qui sortira en salle fin mars 2017, retrace le parcours de ces étoiles filantes, emportant au dessus des calanques, des troubadours de génie porté par un idéal fraternel qui aujourd’hui encore reste inaudible pour l’industrie du disque et que le succès populaire accompagne pourtant avec ferveur. (suite…)

Moi, Daniel Blake, poignante tragédie du réel

A l’image d’un Guédiguian, Ken Loach a forgé chez nous une intime et forte conviction. Celle que le cinéma contemporain, au-delà de l’enterntainement est un art qui ne doit pas s’exclure du monde, un art à la fois populaire et noble qui n’a jamais plus de sens, justement que lorsqu’il exalte la noblesse du peuple et de ses aspirations. Loach est de ces auteurs, au-côté de son scénariste de toujours, Paul Laverty, qui mieux que quiconque, même dans les brumes de l’Histoire, comme le prouve entre autre ses magnifiques Land and Freedom ou Le vent se lève, a su redonner dignité et humanité à de nombreuses figures tutélaires de la classe laborieuse, replaçant ces archétypes dans une réalité bien triste et prégnante, instantanés d’un monde ignoré par l’intelligentsia, relégués dans les mémoires comme s’ils avaient disparus avec Dickens. Loin de servir exagérément les violons, Ken Loach, avec Moi, Daniel Blake, émeut, bouleverse, transcende tous les discours libéraux par la simple valeur brute et intact d’une vérité niée par les élites, gommée par les médias, instrumentalisée par les puissants. Celle d’homme et de femme fières et droits que l’on exclut volontairement de la vie publique pour mieux nous laver les mains, collectivement, du principal échec de notre société : son incapacité structurée de longue date à faire preuve d’empathie. (suite…)

[Série] Pemberley, petit meurtre entre aristocrates

Comme elle en a la réputation, la BBC a produit une adaptation de fort bonne prestance de La mort s’invite à Pemberley, roman de P.D. James, qui donne une suite polaresque à Orgueil et Préjugés, classique de Jane Austen, l’intrigue se déroulant six ans plus tard. Une réalisation et une photographie soignée, des enjeux intéressants et un scénario rondement mené, menant de front enquête policière et visées romanesques, sont des qualités dont a perdu l’habitude à la télévision en matière de téléfilm. La mini-série Pemberley, créée par Juliette Towhidi, est sorti, en DVD, le 12 octobre 2016, chez Koba Films. (suite…)

[Avant-Première] [Direct-to-Vidéo] Mojave, thriller philosophique

William Mohanan, qui avait scénarisé, pour Martin Scorsese, Les infiltrés, réalise son troisième film, qui sortira directement en vidéo, chez Metropolitan Filmexport, le 21 novembre 2016, dont il signe également le scénario. Mojave est un thriller évanescent dont la principale tension entre les antagonistes s’articule autour d’une contemplation mélancolique de la vie et de la mort, portée par des acteurs parfaitement dans le ton. (suite…)

[Rétro] Scream, un cri court dans la nuit pour une postérité durable

A l’occasion de la ressorti de Scream en salle, le 21 octobre 2016, dans le cadre des séances Il était une fois…, présentées par Philippe Rouyer, nous avons pu revoir sur grand écran, ce classique du cinéma d’horreur américain, film somme de Wes Craven, aux allures parodiques, qui n’en étale pas moins sa science avec maestria et a participé à ressusciter un sous-genre qui déclinait, le slasher et demeure aujourd’hui incontournable. (suite…)

[Avant-Première] Roméo et Juliette à la Comédie Française, ou l’idéologie de la virilité

Mise en scène par Eric Ruf, la dernière création de Roméo et Juliette, à La Comédie Française, a été diffusé en direct et en avant-première, le 13 octobre 2016, au cinéma. Cette initiative, fruit d’une collaboration entre les Cinémas Pathé et l’illustre institution a le mérite d’amener à tous une culture que d’aucun considérerait élitiste. Force est de constater, de plus, que ce Roméo et Juliette brille par sa modernité, sans versé dans la relecture déplacée, se veut très accessible et bénéficie d’une mise en scène classique et maîtrisée, transposée dans les années 50. Cette tragédie de  William Robert Shakespeare, pourtant édité pour la première fois en 1597, demeure intemporelle. (suite…)