[Avant-Première] Le cœur en braille : l’essentiel est invisible pour les yeux

Ce lundi 12 décembre, nous avons pu assister, en présence du réalisateur Michel Boujenah, à la projection en avant-première de son troisième long-métrage. Il est revenu sur son rapport à l’art cinématographique dans lequel il trouve un supplément d’âme à la scène et se rêve, en plaisantant, en créateur divin. Romance de minots, Le cœur en braille, qui sortira le 28 décembre 2016, illustre avec juste ce qu’il faut de tendresse et de facétie, les premiers amours timides et désintéressés. (suite…)

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[Direct-to-vidéo] Mel & Jenny, premier amour et identité sexuelle

Sorti directement en DVD, le 15 octobre 2016, chez l’éditeur Outplay, Mel & Jenny de Nana Neul, film lunaire possédant la sensibilité particulière des premiers émois, explore la découverte et l’acceptation, parfois difficile, de sa sexualité avec une justesse rarement égalé entre violence et exaltation du sentiment amoureux. (suite…)

Les grands mythes (Volume 1) : miroirs de nos mots et de nos maux

Nous ne cessons pas de l’affirmez mais le catalogue de documentaires de qualité qui sort chez Arte (que vous pouvez retrouver sur leur page facebook) ne cessent de s’étoffer. Après que la chaîne ait diffusé Les grands mythes, une série documentaire, créée par François Busnel et réalisé par Sylvain Bergère, sur les différents aspects de la cosmogonie grecque, la maison d’édition la propose dans un coffret intégral. Passionnés d’histoire, nous ne pouvions pas laisser l’occasion de vous en parler. Mais l’œuvre est si complète que nous le ferons en quatre articles, chacun consacré à un volume. (suite…)

Dear Zindagi, psychothérapie indienne

Dear Zindagi, deuxième film de Gauri Shinde, réalisatrice indienne, est résolument moderne, abordant bien des thèmes sensibles tels que l’homosexualité et les rapports générationnels conflictuels. Mais en premier lieu, chose très rare dans la société indienne, elle aborde la psychanalyse sous un angle positif. Née et élevé à Pune, près de la province du Konkan, elle y défend le cosmopolitisme de Mumbai, riche de son métissage, et cœur de l’industrie bollywoodienne, qu’elle différencie de Goa, ville touristique aux allures d’artifices. (suite…)

[Avant-Première] Sully, plongée dans l’injustice bureaucratique comme au cœur des eaux froides de l’Hudson

L’inspecteur Harry, infatigable chroniqueur de l’Amérique, reprend à nouveau la caméra, un an après le très subtil American Sniper. Toujours sur la brèche, à la fois patriote et observateur acerbe, Clint Eastwood plonge dans l’histoire aussi incroyable que banale d’un héros tourmenté par une bureaucratie aussi froide que les eaux de l’Hudson. (suite…)

[Avant-Première] Papa ou maman 2 : Producteurs contre public (1-0)

Papa ou maman 2 de Martin Bourboulon, que nous avons pu voir en avant-première ce dimanche 20 octobre 2016, et qui sortira le 7 décembre prochain, reprend, à la ligne près, les recettes scénaristiques du premier opus. Premier opus qui nous avait ravi mais dont la magie s’estompe grandement dans cette suite aux allures de redites. (suite…)

Kaashmora, comédie fantastique et rock’n’roll

A mi-chemin entre comédie et film d’épouvante, Kaashmora est de ces pépites fantasques que seul l’Inde est capable de nous donner. Critique à peine voilée du mysticisme de ses concitoyens, Gokul ne s’interdit aucun excès scénographique, caricature à outrance ses personnages pour un résultat délirant et hilarant. (suite…)

Inferno, purgatoire rétinien

Thriller complotiste à la petite semaine, Inferno vient compléter le triptyque d’adaptation cinématographique de l’œuvre de Dan Brown. Pour la troisième fois aux commandes de la saga, Ron Howard, lequel a quand même réalisé des films comme Willow ou Cocoon, qui ont marqué notre enfance, livre une aventure sans relief où les apparences règnent sur le fond comme sur la forme. (suite…)

[Avant-Première] Massilia Sound System – Le Film : « On n’est pas le produit d’un sol, on est le produit de l’action qu’on y mène »

Christian Philibert, réalisateur varois des Quatre saisons d’Espigoule, de Travail d’arabe et d’Afrik’Aïoli, met en scène des œuvres sensibles et humaines, prenant racine en terre provençale, bercée par la culture occitane, dont Pagnol et Guédiguian sont les parrains informels. Il ne pouvait pas laisser les trente ans de carrières de Massilia Sound System sans célébrer ce groupe emblématique de la culture occitane, représentant d’un régionalisme éclairé, éminemment politique, à la recherche constante d’un autre monde possible, métissé et solidaire, respectueux de sa propre culture, pré requis essentiel pour apprécier les influences étrangères. Massilia Sound System -Le Film, qui sortira en salle fin mars 2017, retrace le parcours de ces étoiles filantes, emportant au dessus des calanques, des troubadours de génie porté par un idéal fraternel qui aujourd’hui encore reste inaudible pour l’industrie du disque et que le succès populaire accompagne pourtant avec ferveur. (suite…)

Moi, Daniel Blake, poignante tragédie du réel

A l’image d’un Guédiguian, Ken Loach a forgé chez nous une intime et forte conviction. Celle que le cinéma contemporain, au-delà de l’enterntainement est un art qui ne doit pas s’exclure du monde, un art à la fois populaire et noble qui n’a jamais plus de sens, justement que lorsqu’il exalte la noblesse du peuple et de ses aspirations. Loach est de ces auteurs, au-côté de son scénariste de toujours, Paul Laverty, qui mieux que quiconque, même dans les brumes de l’Histoire, comme le prouve entre autre ses magnifiques Land and Freedom ou Le vent se lève, a su redonner dignité et humanité à de nombreuses figures tutélaires de la classe laborieuse, replaçant ces archétypes dans une réalité bien triste et prégnante, instantanés d’un monde ignoré par l’intelligentsia, relégués dans les mémoires comme s’ils avaient disparus avec Dickens. Loin de servir exagérément les violons, Ken Loach, avec Moi, Daniel Blake, émeut, bouleverse, transcende tous les discours libéraux par la simple valeur brute et intact d’une vérité niée par les élites, gommée par les médias, instrumentalisée par les puissants. Celle d’homme et de femme fières et droits que l’on exclut volontairement de la vie publique pour mieux nous laver les mains, collectivement, du principal échec de notre société : son incapacité structurée de longue date à faire preuve d’empathie. (suite…)