Charles Dickens

Moi, Daniel Blake, poignante tragédie du réel

A l’image d’un Guédiguian, Ken Loach a forgé chez nous une intime et forte conviction. Celle que le cinéma contemporain, au-delà de l’enterntainement est un art qui ne doit pas s’exclure du monde, un art à la fois populaire et noble qui n’a jamais plus de sens, justement que lorsqu’il exalte la noblesse du peuple et de ses aspirations. Loach est de ces auteurs, au-côté de son scénariste de toujours, Paul Laverty, qui mieux que quiconque, même dans les brumes de l’Histoire, comme le prouve entre autre ses magnifiques Land and Freedom ou Le vent se lève, a su redonner dignité et humanité à de nombreuses figures tutélaires de la classe laborieuse, replaçant ces archétypes dans une réalité bien triste et prégnante, instantanés d’un monde ignoré par l’intelligentsia, relégués dans les mémoires comme s’ils avaient disparus avec Dickens. Loin de servir exagérément les violons, Ken Loach, avec Moi, Daniel Blake, émeut, bouleverse, transcende tous les discours libéraux par la simple valeur brute et intact d’une vérité niée par les élites, gommée par les médias, instrumentalisée par les puissants. Celle d’homme et de femme fières et droits que l’on exclut volontairement de la vie publique pour mieux nous laver les mains, collectivement, du principal échec de notre société : son incapacité structurée de longue date à faire preuve d’empathie. (suite…)

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