Ken Loach

Moi, Daniel Blake, poignante tragédie du réel

A l’image d’un Guédiguian, Ken Loach a forgé chez nous une intime et forte conviction. Celle que le cinéma contemporain, au-delà de l’enterntainement est un art qui ne doit pas s’exclure du monde, un art à la fois populaire et noble qui n’a jamais plus de sens, justement que lorsqu’il exalte la noblesse du peuple et de ses aspirations. Loach est de ces auteurs, au-côté de son scénariste de toujours, Paul Laverty, qui mieux que quiconque, même dans les brumes de l’Histoire, comme le prouve entre autre ses magnifiques Land and Freedom ou Le vent se lève, a su redonner dignité et humanité à de nombreuses figures tutélaires de la classe laborieuse, replaçant ces archétypes dans une réalité bien triste et prégnante, instantanés d’un monde ignoré par l’intelligentsia, relégués dans les mémoires comme s’ils avaient disparus avec Dickens. Loin de servir exagérément les violons, Ken Loach, avec Moi, Daniel Blake, émeut, bouleverse, transcende tous les discours libéraux par la simple valeur brute et intact d’une vérité niée par les élites, gommée par les médias, instrumentalisée par les puissants. Celle d’homme et de femme fières et droits que l’on exclut volontairement de la vie publique pour mieux nous laver les mains, collectivement, du principal échec de notre société : son incapacité structurée de longue date à faire preuve d’empathie. (suite…)

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[DVD] Une histoire de fou, de l’engagement révolutionnaire et des limites de l’action violente

Vingt-cinq ans après le magnifique et poignant Dieu vomit les tièdes, Robert Guédiguian poursuit sa réflexion sur la violence politique. Une histoire de fou, son dernier chef-d’œuvre, est aussi, à la suite du Voyage en Arménie et de L’armée du crime, l’occasion de clore une quête intime à la recherche de son arménité. Attaquant de front le génocide arménien et ses conséquences politiques sur un siècle, il donne à voir la complexité des engagements révolutionnaires dans ce qu’ils peuvent avoir, à la fois de grandiose et de tragique. Comme toujours chez le cinéaste marseillais, communiste et emplit de questionnements chrétiens, l’humain est au cœur du drame et l’émotion finit par submerger le spectateur sans le défaire de sa raison. Guédiguian est de ses auteurs rares qui savent encore parler au cœur, à l’âme et à l’intellect comme s’ils n’étaient qu’un. À l’occasion de la sortie prochaine du DVD, le 5 avril prochain, nous avons concocté une petite analyse. (suite…)

Jimmy’s Hall : de la fête comme oeuvre émancipatrice

Huit ans après Le vent se lève, Ken Loach, le Guédiguian irlandais, complète sa vision de l’indépendance avec son dernier long métrage : Jimmy’s Hall, scénarisé par Paul Laverty. L’occasion pour lui de livrer une biographie succincte de James Gralton, leader du Revolutionary Workers Groups, et premier leader marxiste irlandais. (suite…)