Robert Guédiguian

[Avant-Première] Massilia Sound System – Le Film : « On n’est pas le produit d’un sol, on est le produit de l’action qu’on y mène »

Christian Philibert, réalisateur varois des Quatre saisons d’Espigoule, de Travail d’arabe et d’Afrik’Aïoli, met en scène des œuvres sensibles et humaines, prenant racine en terre provençale, bercée par la culture occitane, dont Pagnol et Guédiguian sont les parrains informels. Il ne pouvait pas laisser les trente ans de carrières de Massilia Sound System sans célébrer ce groupe emblématique de la culture occitane, représentant d’un régionalisme éclairé, éminemment politique, à la recherche constante d’un autre monde possible, métissé et solidaire, respectueux de sa propre culture, pré requis essentiel pour apprécier les influences étrangères. Massilia Sound System -Le Film, qui sortira en salle fin mars 2017, retrace le parcours de ces étoiles filantes, emportant au dessus des calanques, des troubadours de génie porté par un idéal fraternel qui aujourd’hui encore reste inaudible pour l’industrie du disque et que le succès populaire accompagne pourtant avec ferveur. (suite…)

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Moi, Daniel Blake, poignante tragédie du réel

A l’image d’un Guédiguian, Ken Loach a forgé chez nous une intime et forte conviction. Celle que le cinéma contemporain, au-delà de l’enterntainement est un art qui ne doit pas s’exclure du monde, un art à la fois populaire et noble qui n’a jamais plus de sens, justement que lorsqu’il exalte la noblesse du peuple et de ses aspirations. Loach est de ces auteurs, au-côté de son scénariste de toujours, Paul Laverty, qui mieux que quiconque, même dans les brumes de l’Histoire, comme le prouve entre autre ses magnifiques Land and Freedom ou Le vent se lève, a su redonner dignité et humanité à de nombreuses figures tutélaires de la classe laborieuse, replaçant ces archétypes dans une réalité bien triste et prégnante, instantanés d’un monde ignoré par l’intelligentsia, relégués dans les mémoires comme s’ils avaient disparus avec Dickens. Loin de servir exagérément les violons, Ken Loach, avec Moi, Daniel Blake, émeut, bouleverse, transcende tous les discours libéraux par la simple valeur brute et intact d’une vérité niée par les élites, gommée par les médias, instrumentalisée par les puissants. Celle d’homme et de femme fières et droits que l’on exclut volontairement de la vie publique pour mieux nous laver les mains, collectivement, du principal échec de notre société : son incapacité structurée de longue date à faire preuve d’empathie. (suite…)

Ils sont partout : une fable grinçante, nécessaire et percutante contre l’antisémitisme

Ils sont partout. Faux ! Chez Une graine dans un Pot, qui est un grand centre de décisions et de pouvoir, nous comptabilisons deux athées, un agnostique et une chrétienne orthodoxe. Les quatre compères sont de fieffés communistes pratiquants, saisissant la moindre occasion pour porter le fer contre la finance internationale. L’étroitesse d’esprit dont ils font preuve en considérant que la lutte des classes est le seul type de complot existant, pire, considérant que celui-ci est un complot sans complotistes dont les intérêts communs se suffisent à eux-même, ils pourraient facilement être traités de sionistes par la droite dure et antisociale qui se cache derrière les groupuscules d’extrème-droite dit “antisionistes”, pour mieux camoufler leur antisémitisme béat. Par béât, nous entendons qui tient de la foi, ils ne sont pas à une contradiction prêt. Dénonçant les “communautarisme”, ils n’en sont pas moins sectaires. Ils sont partout, comédie grinçante, d’Yvan Attal est une bouffée d’air frais, se payant le luxe de porter le fer de la dérision contre l’asphyxiant antisémitisme ambiant qui n’a finalement pas d’autre couleurs que celle de la bêtise éhontée et de la simplification rassurante. (suite…)

Le Pantin : entretien avec Mallory Grolleau, réalisateur engagé et engageant

Suite à la découverte du Pantin, premier long-métrage prometteur de Mallory Grolleau, alliant drame social et thriller mâtiné de fantastique, nous avons pu mener un interview de l’auteur qui nous a révélé les coulisses du film et s’est aussi un peu livré. L’occasion de revenir sur ce véritable coup de poing cinématographique, engagé et engageant, apte à secouer les esprits les plus assoupis.
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[Avant-Première] Le pantin, de l’alliénation à la servitude volontaire

Défini par le réalisateur lui-même comme un film guérilla, Le pantin, que nous avons eu la chance de voir en avant-première, et qui sortira en salle, le 14 septembre 2016, a bien quelque chose d’une rafale de mitrailleuse dans les consciences. Pour un premier long-métrage, Mallory Grolleau frappe très fort, réalisant une fable cauchemardesque interrogeant l’identité ethnique et l’identité de genre, les rapports de servitudes volontaires et le phénomène prégnant dans notre société de « bourreaux ordinaires ». (suite…)

[DVD] Une histoire de fou, de l’engagement révolutionnaire et des limites de l’action violente

Vingt-cinq ans après le magnifique et poignant Dieu vomit les tièdes, Robert Guédiguian poursuit sa réflexion sur la violence politique. Une histoire de fou, son dernier chef-d’œuvre, est aussi, à la suite du Voyage en Arménie et de L’armée du crime, l’occasion de clore une quête intime à la recherche de son arménité. Attaquant de front le génocide arménien et ses conséquences politiques sur un siècle, il donne à voir la complexité des engagements révolutionnaires dans ce qu’ils peuvent avoir, à la fois de grandiose et de tragique. Comme toujours chez le cinéaste marseillais, communiste et emplit de questionnements chrétiens, l’humain est au cœur du drame et l’émotion finit par submerger le spectateur sans le défaire de sa raison. Guédiguian est de ses auteurs rares qui savent encore parler au cœur, à l’âme et à l’intellect comme s’ils n’étaient qu’un. À l’occasion de la sortie prochaine du DVD, le 5 avril prochain, nous avons concocté une petite analyse. (suite…)

Marseille, métissage et fraternité à l’honneur

Kad Merad, qui n’a pour ainsi dire que très peu de lien avec Marseille, hormis qu’il y possède une résidence secondaire depuis quelques années, s’est entiché de réaliser un film à la gloire de la capitale européenne de la culture. Largement inspiré de la vie de Patrick Bosso qui a collaboré au scénario, Marseille est une surprise agréable, aux accents de cinéma guédiguianesque, mettant en avant le cosmopolitisme fraternel de cette ville aux racines ouvrières profondément méditerranéennes. (suite…)

[Avant-première] Dieumerci ! Une ode au Théâtre et aux rêves de gosses

Ce vendredi 26 février 2016, nous avons pu assister à l’avant-première de Dieumerci !, qui sortira le 9 mars 2016, en présence du réalisateur et acteur Lucien Jean-Baptiste et de l’acteur Baptiste Lecaplain. Les deux compères, disponibles et sincères, ont répondu aux questions du public avec beaucoup d’humour, en éclairant leur démarche d’un vrai discours construit. De notre côté, nous avons été séduits par cette fable sur les rêves de gosses et le monde du show-biz traversé par de nombreuses problématiques toujours évoquées avec tendresse. (suite…)

[Avant-première] Un + Une ou comment faire du vide avec du vent…

Ce mardi 3 novembre 2015, à Nice, nous avons pu assister à l’avant-première du dernier film de Claude Lelouch, en présence du réalisateur lui-même et de ses acteurs. C’est avec une émotion non dissimulée que l’on a pu approcher un de nos artistes fétiches, véritable icône du cinéma de genre des années 80, en la personne de Christophe Lambert et avec un véritable plaisir que nous avons pu profiter de l’ambiance bonne enfant qui régnait entre les cinq compères, Zylberstein et Dujardin ne cessant pas une seconde de faire rire les pitres, livrant quelques anecdotes croustillantes de tournage tandis qu’Alice Pol fut plus discrète. Une fois n’est pas coutume mais l’on doit reconnaître que l’équipe de Un + Une fut vraiment disponible et agréable ce qui ne va pas de soi. Certain, comme Les Inconnus enchaînent plutôt les avants-premières sans aucun respect pour leurs spectateurs.

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[Direct-to-Vidéo] Danbé, la tête haute : Indignez-vous, mais avec dignité !

Danbé, la tête haute est une de ces petites perles dont on s’étonne vraiment que le marché de la distribution ne lui ai promis qu’une sortie en vidéo (chez Zilo, le 2 juin 2015). Le cinquième long-métrage de Bourlem Guerdjou, diffusé sur le petit écran par Arté, passe très largement au-dessus de la masse informe de téléfilm poussifs, souvent réactionnaires sans en avoir l’air et identiques, avec lesquels on nous viole régulièrement les pupilles (comme le désastreux Jusqu’au dernier). Les acteurs sont formidables de sincérité et d’émotion. En ce sens, Danbé la tête haute mérite amplement la récompense de meilleur téléfilm de 2014 qu’il a reçu au Festival de la Rochelle. (suite…)